Les deux chiffres dessinent une frontière économique : 12,5 % d'un côté, 4,9 % de l'autre. Soit les taux de chômage observés fin 2016 dans le département du Nord, un des plus sinistrés de France, et dans la région belge voisine de Flandre occidentale, qui connaît, elle, un quasi plein emploi. Cette différence spectaculaire interpelle : pourquoi les Nordistes ne se ruent-ils pas dans cet Eldorado tout proche ? Peut-être parce qu’en Flandre belge, on parle essentiellement… néerlandais. C'est du moins l'analyse de Frank Allacker, président de l’Apnes (Association des professeurs de néerlandais de l’enseignement secondaire). « Il faut développer l’apprentissage du néerlandais pour chercher désespérément à prendre le train de la prospérité du Nord de l’Europe », recommande-t-il. Une langue comme passeport pour l’emploi ? La solution est-elle si simple ?

Ce qui est sûr, c’est que de l’autre côté de la frontière, on manque de bras. Chez Clarebout, par exemple, entreprise de transformation de pommes de terre basée en Flandre, on déplore soixante postes vacants. « On a du mal à recruter », se plaint Bjorn Crul, le porte-parole de la société. Et cette difficulté ne semble pas près de disparaître. « Avec les départs à la retraite et la baisse de la natalité, beaucoup d’entreprises belges manquent de main d'oeuvre qualifiée ou peu qualifiée », explique Sylvie Labadens, vice-présidente au département du Nord, chargée des relations internationales et européennes. L'élue estime que la part des offres d'emploi non satisfaites pourrait s'élever à 25 % dans les dix ans. Un véritable réservoir à jobs, donc, qui n’attendrait que les Ch’tis. Sauf que ces derniers ne répondent pas à l’intensité de la demande.

« Connaître le néerlandais n’est pas primordial »

L’agence d’intérim flamande Forum Jobs revendique ainsi le placement de 1674 Français en Flandre au cours de l'année dernière. Mais elle insiste sur les quelque 200 postes toujours vacants dont elle dispose . . .

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