Ses affaires sous le bras, Louis sort du foyer de l’enfance à Armentières où il habite. Ce soir, pas le choix. Il passera la nuit sur le canapé d’un copain. C’était le 17 juin 2017. « Je m’en souviens parce que c’était un mois et un jour exactement après l’anniversaire de nos 18 ans», raconte Morgane, sa sœur jumelle, d’une voix sourde. Depuis, la galère s’est poursuivie pour Louis qui dort dehors lorsqu’il ne trouve pas à squatter chez quelqu’un. Placés en famille d’accueil pendant cinq ans, les jumeaux avaient intégré un foyer quelques mois avant leur majorité. Mais Louis n’a pas pu y rester, contrairement à sa sœur. « Il a commencé un CAP, il a arrêté, raconte Morgane. Il a commencé un contrat d’apprentissage, il a arrêté aussi. Il trouvait pas son milieu, ce qu’il aimait faire... »

Sans projet professionnel, il est désormais très compliqué de bénéficier d’une place dans un établissement d’accueil. C’est le résultat d’une délibération cadre portant sur la prévention et la protection de l’enfance, adoptée le 17 décembre 2015 par le conseil département du Nord, qui a amorcé la fin de l’Accueil provisoire jeune majeur (APJM). Cette prestation sociale, qui permettait de prolonger la prise en charge de jeunes majeurs jusqu’à leurs 21 ans, est dorénavant distribuée au « compte-goutte » et pour de courtes durées, racontent les associations. « Si on n’a pas ça, on ne peut plus rien faire, lâche Morgane. Moi et mon frère, on est tout l’inverse. Lui, il s’est écroulé. On m’a dit, il faut qu’il s’écroule pour pouvoir remonter. Donc pour le moment il s’écroule, on verra bien quand il remontera... »
Jeunes majeurs sans domicile fixe

Cette précarité, Louis n’est pas le seul à la vivre. Mais il est très complexe de mesurer le nombre exact de jeunes majeurs qui tombent dans l’errance une fois terminée leur prise en charge. Selon une enquête récente, 8 % seraient « sans domicile » un an après leur sortie de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Devant le Point de Repère, le local de . . .

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