La lecture des 107 pages du rapport du Procureur de la République de Lille, que Mediacités s’est procuré, livre une vision sidérante des conditions d’attribution du Grand Stade. Certes, le haut-magistrat requiert un non-lieu quasi-général faute de pouvoir attester de l’existence d’un « pacte de corruption » qui supposerait une entente préalable et le versement de contreparties. Mais d’autres griefs - favoritisme, faux et usage de faux - sont clairement établis et ne risquent de tomber que pour une question de prescription. Il revient à présent au juge d’instruction de suivre ou non les réquisitions du parquet. Ce qui est clair, en tout cas, c’est qu’aucun protagoniste ne sort grandi de cette hallucinante histoire.

Petit rappel des faits. Nous sommes en janvier 2008, veille d’un scrutin municipal à haut risque pour la gauche. Pierre Mauroy est encore à la tête de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU) - l'ancêtre de la Métropole européenne de Lille (MEL) - et il veut achever son mandat en beauté. C’est-à-dire sur un consensus politique, sa marque de fabrique. Le dossier du Grand Stade l’empoisonne depuis des années. Il faut en finir. Tout se déroule bien jusqu’à la réunion du bureau communautaire du 21 janvier. Mais ce jour-là, à la surprise générale, le maire de Comines Henri Ségard, président du Gadec, un groupe politique réunissant des maires des petites communes, émet des réserves sur le choix de Norpac (groupe Bouygues), de loin le meilleur selon le rapport d’analyse des offres préparé par les services techniques. Il appelle à ne pas se focaliser autant sur l'aspect financier mais son argumentaire est rejeté par un Pierre Mauroy manifestement agacé.            

En dix jours, Henri Ségard parvient à renverser la tendance . . .

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