"Faire comme à Givors », dit le dicton lyonnais pour décrire une situation où l’on s’affranchit des règles. L’expression locale n’a jamais été si bien utilisée que par Martial Passi, maire de la ville depuis 1995. Depuis l’après-guerre, le parti communiste dirige sans discontinuer cette ancienne cité industrielle de 20 000 habitants à mi-chemin entre Lyon et Saint-Etienne. Un positionnement stratégique que Martial Passi a su faire fructifier pour sa propre carrière. L’homme cumule les mandats et fonctions : 12e vice-président de la Métropole de Lyon en charge des Déplacements, il est devenu en 2015 vice-président du Sytral, le syndicat mixte des transports de l’agglomération, et président de Lyon Métropole Habitat, le bailleur social né de la scission de l’Opac du Rhône. Sur le plan national, on le retrouve également vice-président de la puissante Association des maires de France (AMF).

Une multitude de casquettes dont Martial Passi sait habilement tirer profit. Comme nous sommes en mesure de le révéler, l’élu se fait parfois rembourser les mêmes frais par différentes institutions. Une lecture contestée – pour ce qui concerne la ville de Givors – par les services de Martial Passi. Leur ligne de défense : « les doublons » auraient été introduits par erreur dans la liste de frais imputés au budget de la commune dont nous publions un extrait (lire notre encadré « En coulisses ») avant d'être retirés. C’est pourtant bien cette liste que la mairie a transmis à la Chambre régionale des comptes fin 2015, avant, selon elle, de lui fournir un rectificatif en décembre 2016... plus d'un an plus tard, une fois que l'opposition municipale s'est mise à s'intéresser à cette question. C’est également sur la base de cette même liste que Martial Passi avait répondu, en début d'année, aux questions de nos confrères du Progrès sur certains de ses frais, sans en contester la validité.

Sommes relativement petites mais pratiques édifiantes

Les nombreuses responsabilités de Martial Passi impliquent d’inévitables réunions, déjeuners de travail et autres déplacements. Les dépenses avancées par l’élu sont en théorie prises en charge par telle ou telle institution en fonction de la nature du déplacement ou de la réunion. Et si certaines collectivités, comme la Métropole, ne règlent la note que sur présentation des justificatifs, la mairie de Givors a une conception plus floue du contrôle de l’argent public. D'après les documents que Mediacités a pu consulter, le maire de Givors a « cumulé » des remboursements de frais à plusieurs reprises lors de l’exercice 2015. Si les sommes ne concernent que quelques centaines d’euros, elles restent édifiantes quant aux pratiques du vice-président de la Métropole de Lyon.

Cas d’école, ce déjeuner de travail « sur les questions d’économie dans les transports publics », le 2 novembre 2015. Ce jour-là, Martial Passi s’attable au restaurant . . .

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