Montez le son ! C'est le premier flic de France qui vous l'ordonne. Le festival de musique électronique des Nuits Sonores, dont la seizième édition démarre ce dimanche 6 mai, doit énormément à Gérard Collomb, actuel ministre de l'Intérieur et maire de Lyon de 2001 à 2017. L'histoire est connue. En prenant la succession de Raymond Barre, l'élu socialiste (à l’époque) et son équipe entreprennent de rajeunir l'image de l’agglomération. Un de leurs choix se porte sur la musique électro. Une association s'est providentiellement manifestée.

Présidée par Damien Béguet, Arty Farty a organisé, en 2002, à la Sucrière, dans une Confluence encore en friche, un festival techno. Il a réuni 500 personnes. Gérard Collomb va donner à cette petite équipe les moyens de passer à la vitesse supérieure dès l'année suivante. « Le 17 février 2003, l'association se voit attribuer une subvention de 278 000 euros, peut-on lire dans un intéressant mémoire en ligne. La ville prend en charge le festival, en prêtant des locaux, du personnel et surtout en finançant la moitié du budget. » La mairie « est à tel point engagée qu'une élue du conseil municipal se demande si un appel d'offre pour le lancement d'un "festival de musiques électroniques" n'aurait pas été plus équitable », pointe l'auteure, étudiante en master 2 de conduites de politiques culturelles.               

Une association qui oublie de publier ses comptes

La question peut se poser encore 15 ans plus tard. Les Nuits Sonores sont devenues une institution, et Arty Farty, un pilier de la scène culturelle lyonnaise, mais sans jamais couper les ponts (financiers) avec les collectivités. Selon les comptes – jusqu’à maintenant, l’association omet . . .

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