La vente de cette longue barre en travers des Pentes de la Croix-Rousse sera-t-elle le casus belli de la fin du mandat de Gérard Collomb ? Massive, un poil austère, mais pas sans majesté avec ses trois rangées de fenêtres et sa partie centrale vitrée, l’ancienne Ecole nationale des Beaux-Arts (ENBA), rue Neyret, dans le 1er arrondissement de Lyon, domine l’amphithéâtre des Trois Gaules. Propriété de la ville, le bâtiment a été promis, au printemps 2016, au Crédit agricole immobilier.

Le promoteur prévoit de le transformer en immeuble d’une quarantaine d’appartements et de l’amputer d’une aile pour laisser place à une vaste esplanade, avec terrasses de cafés. Vue imprenable sur la Presqu’île et la colline de Fourvière garantie. Voilà pour les plans sur papier glacé. Car, pour ce projet réactivé à la faveur de l’adoption récente du Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H), le ciel n’est pas aussi dégagé que sur les vues d’architecte.

Après l’emblématique Hôtel-Dieu par les Hospices civils de Lyon, après la rue Grolée et la salle Rameau (sous bail emphytéotique) par la ville, la vente de l’ENBA est la dernière manifestation en date de la politique locale de cession du patrimoine public à des opérateurs privés. Mais elle se heurte à l’opposition farouche de la maire du 1er. Nathalie Perrin-Gilbert est bien décidée à en faire un cheval de bataille et à faire capoter les plans de son meilleur ennemi Gérard Collomb. L’opération braque aussi une partie des habitants des Pentes : ils redoutent qu’elle accélère, encore un peu plus, la gentrification
Gentrificaquoi ?
Le terme . . .

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