Dans une tribune publiée au printemps dans Le Monde, vous écriviez que le ralliement précoce de Gérard Collomb, alors maire de Lyon, à Emmanuel Macron était passé inaperçu. Pourquoi ?

Parce qu’on est tout simplement dans la suite d’une histoire, celle d’un personnage de second rang, du point de vue interne au Parti socialiste ou des lieux du pouvoir national. Collomb n’était pas un homme de l’ombre – il occupait des fonctions éminentes – mais, pour autant, il ne comptait pas parmi les grandes figures de l’histoire politique récente. Il en fait désormais partie. Cette place au second plan a pour effet immédiat, à l’époque, une interprétation pauvre et réductrice de son ralliement : c’est l’opportuniste qui saisit une occasion de se faire valoir au niveau national. Le lieu commun voudrait que le pauvre Collomb n’ait fait que suivre ce jeune cheval fringant et léger qu’est Macron ? Faux : je pense que c’est Macron qui a suivi Collomb.

C'est-à-dire ?

Mon analyse repose sur mon expérience de chercheur, près de 30 ans à travailler sur les singularités politiques, culturelles et civiques de Lyon. Dans la totale continuité de Raymond Barre [maire de Lyon de 1995 à 2001], Gérard Collomb est l’héritier du radical-socialisme français. Cette expression définit ce qu’est profondément la France. Elle n’a jamais été socialiste, elle ne sera jamais libérale, elle est « radicale-socialiste », car elle ménage en permanence un compromis entre l’Etat et le marché. Comme . . .

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