Le casting est grandiose : Javier Bardem, Claude Lelouch, le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón ou encore la Norvégienne Liv Ullmann. Tous se presseront à Lyon pour la 10e édition du festival Lumière, du 13 au 21 octobre prochains, rendez-vous de cinéphiles qui joue aussi la carte du grand public. Clou du spectacle, l’actrice aux deux Oscars Jane Fonda recevra le prix Lumière, pour l’ensemble de son œuvre. « Une sorte de prix Nobel du cinéma » – rien de moins ! –, comme le qualifie Thierry Frémaux, père et chef d’orchestre de l’événement. Pendant une semaine, la ville des frères Lumière qui a vu naître le cinéma met les petits plats dans les grands.

Ce faste doit beaucoup à Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière qui organise le festival, mais aussi – et surtout – délégué général du festival de Cannes. Dès la première édition du raout lyonnais en 2009, “Monsieur Cinéma” dégaine son carnet d’adresses. Clint Eastwood himself se déplace pour l’occasion. Quentin Tarantino, Martin Scorsese ou encore Catherine Deneuve suivront. À chaque cérémonie d’ouverture, pour donner le coup d’envoi, le même rituel se répète : Thierry Frémaux fait monter l’ensemble des vedettes présentes sur scène. Autour de lui. « C’est un moment incroyable, il les appelle pour deux minutes – stars mondiales comme élus –, puis les renvoie à leurs sièges d’un geste », s’amuse un de ses collaborateurs qui travaille sur l’événement.

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Derrière les paillettes et les statistiques flatteuses...

Le festival est un succès. 171 000 festivaliers l’an dernier (+7%) et un taux de remplissage des séances de 92% selon les chiffres officiels. Mais derrière les paillettes et les statistiques flatteuses, le fonctionnement, les finances et le directeur de l’Institut Lumière, association subventionnée par les collectivités, relèvent du tabou. Contactée bien en amont de la semaine de festivités, la cinémathèque lyonnaise a refusé nos demandes d’interview [lire En coulisses]. Nous n’interrogerons donc ni Thierry Frémaux, ni aucun de ses collaborateurs. Du moins, pas officiellement… Dans le petit monde du cinéma lyonnais, beaucoup rechignent à évoquer l’institution et son chef. Tous nos interlocuteurs ou presque ont tenu à conserver leur anonymat. « Thierry Frémaux ? Il est tout-puissant, je préfère ne pas en parler avec vous », coupe un salarié de l’Institut au téléphone avant de raccrocher.                

L’ambiance est à peine plus bavarde du côté des responsables de salles de cinéma indépendantes de la métropole, partenaires pour la plupart du festival. L’un d’eux consent un regret : « Quand vous faites partie du réseau Lumière, l’Institut vous dit : “Tiens, prends tel ou tel film”. On a peu de marge de manœuvre. On ne choisit pas vraiment ». Un autre esquisse une critique : « Bien sûr le festival nous amène du public, mais ce n’est pas décisif. Cela reste une semaine par an. Le vrai souci, ce serait plutôt la place qu’occupe l’Institut le reste de l’année ». Tous tiennent à ne pas froisser Thierry Frémaux.

« Hyperactif », « très méticuleux » voire « maniaque » : l’entourage du patron de l’Institut décrit un professionnel doté d’une capacité de travail impressionnante, doublée d’une envie de tout contrôler . . .

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