C'est terminé ! Entamé en 1974, le feuilleton Notre-Dame-des-Landes s’est achevé, hier, avec l’annonce par Edouard Philippe de l’abandon du projet d’aéroport. « Cinquante ans d’hésitations n’ont jamais fait une évidence », argumentait le Premier ministre dans un discours qui brassait large, évoquant pêle-mêle NDDL, l’aéroport de Nantes Atlantique, celui de Rennes, la ZAD, ses occupants et son évacuation, les liaisons ferrées reliant le grand Ouest à Paris, les partisans du projet, ses opposants... Bref, tout le monde sauf Vinci, le géant français du BTP pourtant chargé de construire et d’exploiter ce qui devait devenir le grand aéroport du Grand Ouest. Absent de marque de cette allocution, le groupe est-il le grand perdant de la décision gouvernementale ? Pas du tout ! Prévoyant, il avait envisagé tous les cas de figure et sort renforcé de cet interminable conflit. Explications.
1- Notre-Dame-des-Landes enterré, ou les promesses d’une alléchante négociation
Avec la décision d’abandonner le projet de nouvel aéroport, Vinci perdra bien sûr ce que le chantier aurait pu rapporter à ses filiales, et aussi les revenus que l’équipement devait lui rapporter jusqu’en 2065 (voir encadré ci-dessous). Mais, à bien y regarder, ses intérêts sont largement préservés. D’abord en raison de l'indemnisation à venir, potentiellement très lucrative. Comme le dit le vice-président aux Transports (PS) de la Région Bretagne, Gérard Lahellec : « Quand Vinci signe ce genre de contrat, ce ne sont pas des gamins ! Ils prévoient ceinture et bretelles. » Le désormais fameux article 81 du contrat de concession, signé en 2010 entre l’État et le groupe privé, prévoit qu’en cas de résiliation pour « motif d'intérêt général » le concessionnaire soit indemnisé au titre du manque à gagner sur le chiffre d’affaire promis. Combien ? Difficile - voire impossible - à dire.

« Les politiques sont nuls pour négocier. Ils se font toujours avoir par les sociétés privées qui leur font face »

Dans leur rapport, rendu le 13 décembre dernier, les médiateurs parlaient d'une somme fluctuant entre 0 et 350 . . .

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Isabelle Jarjaille
Journaliste indépendante​ depuis 2011​, j'enquête sur la gestion des services publics par le privé et son impact sur les finances publiques.​ ​Mon livre enquête "Services publics délégués au privé, à qui profite le deal ?" est sorti le 27 mars 2018​. ​Je suis également en charge du cours Techniques d'enquête en licence Info Com à l'IUT de Lannion et je porte un projet d'éducation aux médias dans deux lycées agricoles. Je suis membre du bureau du Club de la presse de Bretagne, pour promouvoir les médias et ceux qui les font au quotidien : les journalistes, notamment les pigistes.