Dans son costume bleu marine, il assiste aux conseils municipaux, participe aux inaugurations et reçoit dans sa permanence installée rue Gambetta, au cœur du quartier de Wazemmes. Même s’il fait tout comme, il n’a jamais été élu. A seulement 32 ans – ses traits juvéniles lui en donnent un peu moins -, Louis Delemer est le candidat des Républicains (LR) à la mairie de Lille.
Ce choix tranche avec la stratégie habituelle de son parti. En 2020, c’était Marc‐Philippe Daubresse, 67 ans, ancien ministre, parlementaire chevronné et ancien maire de Lambersart qui avait mené la liste, sur laquelle Louis Delemer figurait en 39e position. Le résultat fut particulièrement décevant (8,48 % des suffrages), ce qui empêcha la droite de rester au conseil municipal. Un camouflet qui a refroidi les ardeurs de potentiels candidats. Restait Louis Delemer…
C’est une « candidature fraîcheur » bienvenue au sein du parti, estime Sébastien Leblanc, son directeur de campagne. « Avant, chez LR, c’était “à qui aura le CV le plus long”. La jeunesse de Louis attire de nombreux militants. On a beaucoup plus de force mobilisable [par rapport à 2020]. »
« Rien ne me prédestinait [à concourir pour le poste de maire de Lille] », assure pour sa part Louis Delemer. Le jeune candidat ne se retrouve pourtant pas là par hasard. Depuis dix ans, il gravit un à un les échelons au sein de la fédération LR. A 22 ans, il commence à militer pour Xavier Bertrand à l’occasion des élections régionales de 2015, un an après avoir pris sa carte à l’UMP.
Une carte acquise sur un coup de tête, après avoir été scotché par le premier meeting auquel il assistait : celui de la tentative de retour en politique de Nicolas Sarkozy en 2014, à Lambersart. « Il me parlait directement, se souvient Louis Delemer, marqué par cet épisode. Plus on travaille, plus on se donne du mal, plus on peut s’en sortir. »
Ancien enfant de l’ASE
A ce moment‐là, le jeune‐homme se cherche. Quelques années auparavant, il a quitté le lycée avant d’avoir le bac, puis enchaîné des contrats courts (téléconseiller pour une compagnie d’assurance, agent de recouvrement de créance pour un huissier de justice, aide à domicile…). Des contrats qu’il décroche difficilement du fait de l’absence d’expériences ou de diplômes sur son CV. A l’époque, il verse parfois dans l’illégalité : le 30 octobre 2014, il est condamné pour “contrefaçon” à 3 000 euros d’amende après avoir imité une marque commerciale sans l’autorisation de son propriétaire.