A Nantes, ce “fermier urbain” veut changer les quartiers difficiles

Médiateur et fondateur de l’association Riche-Terre, Abdel Zibar fait germer une ferme urbaine à Bellevue, au beau milieu des barres d’immeubles. Sa matière première ? Les déchets des habitants. Il espère à terme créer de l’emploi et améliorer l’image de ce quartier réputé difficile. Sans rien éluder de ses difficultés.

Abdel Zibar une
Abdel Zibar, devant son jardin partagé dans le quartier de Bellevue à Nantes / Photo : Florence Pagneux

Pour rejoindre Adbel Zibar, il faut longer les grilles du collège Ernest Renan, à Saint-Herblain, au cœur du quartier Bellevue. Puis suivre les rangées de légumes, d’aromates et de bacs en bois abritant mûroises, framboisiers et autres plantes cultivées par et pour les habitants. C’est à l’ombre d’un grand pin qu'on le retrouve, occupé à ouvrir les grilles d’un poulailler. « Mon premier geste de la matinée, c’est de libérer les poules pour qu’elles puissent gambader en plein air », lance ce quadragénaire à l’allure athlétique. Baptisées Blanchette, Grisette et Maronnette par les enfants du quartier, leur présence détonne au pied de ces immeubles d’habitat social aux façades grises. Chaque jour, elles pondent des œufs que les habitants viennent récupérer, après s’être inscrits sur une liste. « Ça marche super bien ! », sourit le directeur de l’association Riche-Terre, cheville ouvrière de ce projet soutenu par de nombreuses institutions locales.        

Dans ce quartier à cheval entre Nantes et Saint-Herblain, au cœur d’une vaste opération de rénovation urbaine, les indicateurs sociaux sont au rouge : seuls un tiers des ménages sont imposables (contre 60 % dans la ville de Nantes), 20 % des familles sont monoparentales, 14 % des habitants ont un diplôme supérieur au bac (contre 40 % à Nantes) et 20 % sont au chômage. Dans ce contexte, « la petite ferme urbaine de Bellevue » porte de grandes ambitions pour redorer son image et offrir de nouvelles perspectives.

Sa pièce maîtresse ? Rien de spectaculaire au premier abord : un composteur collectif permettant de récupérer les déchets des habitants, en vue de fabriquer d'enrichir le sol et d'alimenter les cultures le plus naturellement possible. « Notre seul traitement, c’est de mettre de la pr . . .

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. Aujourd’hui, plus de 5 300 abonnés soutiennent notre travail. Mais ce n’est pas suffisant : nous recherchons 2 000 abonnés d’ici la fin 2022 pour continuer à enquêter. En vous abonnant aujourd’hui, dès 3 euros par mois, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Temps de lecture : 8 minutes

Par Florence Pagneux