Il y aura bien une liste centriste aux élections municipales à Toulouse. Le bureau national du Modem a donné son accord, mardi 10 décembre dans la soirée, à la proposition du député et conseiller municipal sortant Jean-Luc Lagleize. « Nous allons mettre en place une liste alternative, confirme celui-ci à Mediacités. Je serai sur la liste mais pas obligatoirement à sa tête, car mon travail de parlementaire me plaît beaucoup. »

Outre Jean-Luc Lagleize, cette liste pourrait rassembler les conseillères municipales sortantes du groupe groupe Alliance Démocrate Toulouse, Marthe Marti et Jacqueline Winnepenninckx-Kieser. Elle pourrait aussi attirer les élus du groupe Alliance Majorité Présidentielle Elisabeth Toutut-Picard, Sylvie Rouillon-Valdiguié et Franck Biasotto. Non-candidat à l’investiture LREM sur la liste de Jean-Luc Moudenc, ce dernier nous a fait savoir que le Modem n’avait pas pris contact avec lui à l’heure actuelle. « Depuis notre annonce, les rencontres s'accélèrent. Nous avons beaucoup de contacts, au de-là de ce qu'on imaginait, venant de LR, du PS, de la société civile, affirme Jean-Luc Lagleize. Des parlementaires LREM m'ont signifié leur soutien car LREM ne se sentait pas bien représentée dans la liste de Jean-Luc Moudenc. »

Entre le maire sortant et son président de la commission Aménagement et Politique foncière de Toulouse Métropole, les négociations auront pourtant été menées jusqu'au bout. Si Jean-Luc Moudenc assure ne pas avoir reçu de marques d'intérêt du Modem pour une alliance aux municipales, Jean-Luc Lagleize affirme le contraire. « Est-il logique qu'un parti politique majeur n'ai aucun échange avec le maire sortant d'une municipalité dont il fait partie de la majorité ?, interroge-t-il. Jean-Luc Moudenc a eu des contacts avec moi, avec Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, avec François Bayrou et Jean-Noël Barrot, secrétaire général du Modem. Il y a eu des échanges jusqu'aux derniers jours de novembre. » Le maire de Toulouse aurait finalement tranché début décembre. « Il a reçu Marthe Marti et Jacqueline Winnepenninckx-Kieser pour leur dire que le Modem ne serait pas sur la liste. Rien n'était décidé jusqu'à ce moment-là. On était dans le flou. Là, c'était clair », constate le député centriste

Entre les deux parties, les désaccords étaient multiples. Le Modem avait demandé le non-cumul des mandats de maire et de président de Toulouse Métropole, ainsi que l'absence sur la liste de candidats représentant « une frange très à droite des Républicains », comme par exemple Jean-Baptiste de Scorraille, proche du mouvement Sens Commun. « C'était aussi censé être une ligne rouge pour LREM, tacle au passage Jean-Luc Lagleize. Le maire de Toulouse a décidé de jeter cela par dessus les orties. Nous n'avons même pas parlé de nombre de places. La conséquence aujourd’hui, c'est que le nombre de représentants de la majorité présidentielle passe de 8 à 5 sur la liste de M. Moudenc. Cela ne paraît pas terrible. »

L'existence d'une liste centriste au premier tour ne fait pas les affaires du maire sortant qui pouvait jusqu'ici s'enorgueillir d'avoir rassemblé de LREM à Sens Commun.