2020-09-lille-promesse-phare-logementsvacants
Lutte contre la vacance des logements – 2000 mobilisables sur 7000 vacants
Mairie + Métropole Logement
Promesse abandonnée/non tenue
Promesse de Martine Aubry
Liste majoritaire à la mairie de Lille
Parti socialiste (PS)

L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 02/02/2026
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La réquisition des logements vacants est parfois présentée comme LA solution pour répondre à la pénurie de logements. Violette Spillebout, adversaire de Martine Aubry aux municipales de 2020, assurait pouvoir en remettre 8 000 sur le marché, quand Stéphane Baly, autre challenger, avançait le chiffre de 3 000.

La maire de Lille, elle, avançait vouloir en requalifier 2 000 sur 7 000. Un objectif réduit car s'appuyant sur le chiffre des logements effectivement mobilisables, le reste concerne selon la Ville "la rotation normale des habitants dans le parc de logement (vacance de friction : déménagements, travaux) et ne restent pas vacants longtemps. Ils n'ont pas vocation à faire l'objet d'une mobilisation par les collectivités". Les 2000 logements visés par Martine Aubry concernaient alors des logements vacants depuis au moins deux ans. 

Pour réussir ce défi, la Ville a pu compter sur l’appui de la Métropole européenne de Lille qui a présenté en 2021 un dispositif innovant contre la vacance. Mais celui-ci ne visait que 1 600 logements à remettre sur le marché de l’ensemble de la métropole... et sur une période de 12 ans.

Lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, l'un des derniers du mandat, Anissa Baderi, adjointe au maire en charge du logement a fait un point sur la situation. "Pour rappel, le [Plan local de l'habitat 2022-2028] relève 2900 logements vacants", a-t-elle précisé, ajoutant que "la Ville de Lille dispose d'une concession logements vacants dégradés avec La Fabrique des quartiers qui lui permet d'agir". 

Aujourd'hui, 638 logements ont été remis sur le marché, a ajouté l'élue. L'action de la Ville s'articule autour de différents dispositifs : procédures d'abandon manifeste, service communal d'hygiène et de sécurité qui réalise des visites et produit des arrêtés d'insalubrité. 

Avec 638 logements remis sur le marché, nous considérons cette promesse comme non tenue. L'enjeu est à nouveau majeur en 2026. Face à des constructions en berne, les candidats proposent quasiment tous dans leur programme d'agir davantage à cet égard, alors que "des logements sont vacants depuis plusieurs dizaines d'années", critique par exemple l'équipe de Violette Spillebout. 

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Renforcer la présence humaine au pied des immeubles

Mairie Sécurité
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/02/2026
Dans le programme qu’elle a présenté aux Lillois lors des dernières élections municipales, Martine Aubry a promis de « renforcer les présences humaines rassurantes au pied des immeubles touchés par les trafics ».

Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville de Lille ajoute qu'elle finance également chaque année via le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) des associations de prévention, à hauteur d'environ un demi-million d'euros par an. Parmi les associations soutenues par la Ville, les clubs de prévention tels qu'Itinéraires, permettent d'accentuer la prévention sur le terrain. Ceux-ci sont néanmoins touchés de plein fouet par le recul des financements de l'Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.

Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d'effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui-même concédé qu'il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle-même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ». 

Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue. 

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

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