L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 05/02/2026
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C'était d’abord oui. Ça a ensuite été « oui mais pas de suite », puis « oui mais pas tout de suite et pas trop restrictif », et c’est finalement… « tout ça pour ça », résumions-nous à l'automne 2025. 

La zone à faible émissions, ZFE, c'est en effet l'un des principaux feuilletons - et l'un des principal échec - de ce mandat. Le projet, prévu en 2020, a finalement été repoussé au 1er janvier 2025 en raison des grandes difficultés rencontrées pour accompagner les habitants dans leur changement de leurs pratiques de mobilité. Aussi, la ZFE lilloise se distingue par le minimalisme de ces restrictions. Si tous les véhicules doivent désormais arborer la fameuse vignette Crit'air, seuls ceux qui sont non classés sont interdits de circulation. Ainsi, au final, cette mesure concerne un peu plus de 6000 véhicules... et de nombreuses dérogations existent : faire moins de 8000 km par an, posséder une carte Pass pass ou un abonnement TER, être un professionnel ou un commerçant ambulant, avoir une voiture de collection...

L'avis de l'ensemble des communes de la MEL avait été sollicité entre le printemps et l’été 2024. Sur les 95 communes de la métropole, 38 ont émis un avis défavorable, 33 un avis favorable, 9 se sont abstenus et 15 n’avaient même pas pris la peine de répondre.  « Les résultats de cette consultation amènent à conclure à l’absence d’acceptabilité à ce stade de la ZFE‑m initialement envisagée », avait conclu l’exécutif métropolitain.

Dernier épisode, national celui-ci, au printemps 2025, un amendement porté par Les Républicains et le Rassemblement national dans le cadre du projet de loi "simplification" visait à supprimer les dispositifs ZFE partout en France. Mais, en raison des turbulences gouvernementales, le vote final du texte n'a toujours pas été mis à l'ordre du jour de l'Assemblée. De nombreux observateurs alertent d'ailleurs sur la fragilité juridique de cet amendement, qui pourrait être censuré par le Conseil constitutionnel s'il le considérait comme "cavalier législatif", autrement dit hors-sujet. La loi "simplification de la vie économique" vise en effet à "alléger la charge administrative des entreprises". 

A ce sujet, la Ville de Lille explique à Mediacités qu' "alors que la MEL s'était engagée en 2019 à créer une ZFE dont il ne restait que le cadre opérationnel à définir, le comité ministériel Qualité de l'air en ville du 10 juillet 2023 a requalifié la MEL en territoire de vigilance. La restriction imposée par la loi qui concernait les véhicules de Crit'Air 4 et 5 s'est ainsi restreinte aux seuls véhicules non classés (avant 1997)". 

La MEL a décidé de rouvrir le débat considérant ce nouveau cadre légal. "Au cours de cette consultation, en 2024, la Ville de Lille a réitéré son soutien au scénario du maintien de la ZFE dans les conditions initialement prévues par la loi et Résilience, considérant les bénéfices attendus en termes de qualité de l'air et de transition écologique", précisent les services, qui expliquent que La Ville de Lille a alors soutenu la mise en place progressive de cette restriction, assorties de mesures d'accompagnement renforcées de la part de la MEL et de l'Etat afin de favoriser son acceptabilité. Mais la MEL a finalement adopté un autre scénario plus léger, "contre l'avis de la Ville de Lille", regrettent-ils. 

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Renforcer la présence humaine au pied des immeubles

Mairie Sécurité
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/02/2026
Dans le programme qu’elle a présenté aux Lillois lors des dernières élections municipales, Martine Aubry a promis de « renforcer les présences humaines rassurantes au pied des immeubles touchés par les trafics ».

Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville de Lille ajoute qu'elle finance également chaque année via le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) des associations de prévention, à hauteur d'environ un demi-million d'euros par an. Parmi les associations soutenues par la Ville, les clubs de prévention tels qu'Itinéraires, permettent d'accentuer la prévention sur le terrain. Ceux-ci sont néanmoins touchés de plein fouet par le recul des financements de l'Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.

Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d'effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui-même concédé qu'il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle-même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ». 

Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue. 

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

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