Un hôtel de ville devant lequel on fait la queue pour pouvoir assister au conseil municipal. Une salle pleine à craquer avec des habitants debout, derrière quelques dizaines de sièges pris d’assaut, et qui suivent le déroulé sur des écrans, comme s’ils regardaient un match de foot. C’est la scène assez inhabituelle qui s’est déroulée le vendredi 27 mars. Pourtant, ce qu’ils s’apprêtent à suivre n’a rien d’original, ni d’un événement à suspense. C’est un conseil d’installation en bonne et due forme, un moment dont l’issue est déjà connue à l’avance : l’élection officielle d’Arnaud Deslandes comme maire de Lille.
Seulement, en appelant leurs soutiens à se ressembler une heure plus tôt Porte de Paris pour les accompagner dans leur première entrée à la mairie, les insoumis en ont fait un moment politique. Après avoir chanté « On est là, même si [Arnaud] Deslandes ne le veut pas nous on est là », les sympathisants insoumis rangent leurs drapeaux et pénètrent dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville. « C’est la maison du peuple, c’est notre maison », murmurent‐ils au moment de passer la porte, surveillée par des policiers municipaux en nombre, avant de rejoindre les nombreux soutiens socialistes, et la poignée de soutiens écologistes et “Faire respirer Lille” déjà installés dans la salle.
C’est une assemblée sensiblement différente de celle du mandat 2020–2026 qui prend place solennellement dans le carré Pierre Mauroy. Le groupe insoumis, composé de dix élus, siège sur une rangée entière. Certains d’entre eux arborent un keffieh palestinien. Les écologistes et les socialistes sont désormais assis c …