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Rhônexpress : Bouzerda temporise après les annonces de Kimelfeld

Elections 2020Il est urgent d’attendre. Interviewée dans Le Progrès du 10 décembre, la présidente du Sytral Fouziya Bouzerda s’est bien gardée de donner son avis sur la question de la résiliation du contrat Rhônexpress, la navette desservant l’aéroport de Lyon. La semaine dernière, le président du Grand Lyon David Kimelfeld a demandé au syndicat des transports de l’agglomération de résilier le contrat de concession le liant à Vinci, Transdev et la Caisse des Dépôts, les exploitants de la ligne de tramway.

Incontestablement, le patron de la Métropole, candidat à sa succession face à Gérard Collomb, s’est offert un joli coup de com’, à quatre mois des élections locales. En faisant connaître sa position, David Kimelfeld refile la patate chaude aux élus du Sytral, qui prendront la décision finale en janvier prochain. Fidèle du clan Collomb, Fouziya Bouzerda ne s’y est pas trompée. « David Kimelfeld demande qu’on mette la résiliation à l’ordre du jour. Si elle est refusée, il pourra dire qu’il l’a demandée. Si elle est acceptée, ce n’est pas la Métropole qui en subira les risques juridiques et financiers, mais le seul Sytral », souligne-t-elle dans les colonnes du quotidien. Pour rappel, le Sytral est financé à seulement 25% par la collectivité, le reste du budget étant assuré par le versement transport des entreprises et par la billetterie (voir les chiffres ici).

C’est bien la donnée inconnue de cette équation : combien coûtera la résiliation du contrat ? Fouziya Bouzerda indique ne pas avoir le droit de communiquer sur le risque financier avant la transmission des informations aux élus du Sytral. Impossible donc de savoir le montant éventuel du chèque à régler aux exploitants. Ni même si la résiliation serait justifiée sur le plan juridique.

Ouvertes au printemps, les négociations penchent plutôt en faveur de la collectivité. Fragilisé par la publication d’un rapport de la Chambre régionale des comptes qui pointait une concession « structurellement déséquilibrée » depuis sa signature en 2007, Rhônexpress avait proposé de baisser ses tarifs de 29%, comme nous le relations le mois dernier. Insuffisant pour David Kimelfeld, désireux de se montrer intraitable aux yeux des Grand Lyonnais.

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Le Rhônexpress, exploité par Vinci et Transdev, relie Saint-Exupéry à la Part-Dieu. Photo : CC @Smiley.toerist

Reste que, même en cas de résiliation, les actionnaires de Rhônexpress n’auront pas fait une mauvaise affaire. Plus de 85% des 120 millions d’investissement de départ pour la construction de la navette ont été financés par la collectivité (département, puis Métropole) qui « continue de rembourser 5 millions d'euros d’emprunts par an », note Les Echos. Dans le même temps, les recettes de billetteries, qui couvrent largement les frais d’exploitation, passent directement dans la poche du concessionnaire. En 2018, Vinci, Transdev et la Caisse des Dépôts se sont ainsi partagé 3,5 millions d’euros.


Bidule_carre_512pxMétropolitaine : Collomb poursuit son OPA à droite

Elections 2020

C’était dans les tuyaux, c’est officiel : l’UDI a apporté son soutien à Gérard Collomb, candidat à l’élection métropolitaine. A la manœuvre de ce rapprochement, le conseiller municipal d’opposition Christophe Geourjon. Celui qui s’était rangé derrière Dominique Perben aux élections municipales de 2008 puis Michel Havard en 2014 a, cette fois-ci, cédé aux sirènes collombistes. « Gérard Collomb est le seul responsable politique en capacité de réaliser un large rassemblement », écrit, dans un communiqué, la fédération UDI de la Métropole de Lyon, qu’il préside.  

Christophe Geourjon a surtout réussi à refourguer dans le programme de son nouveau champion le projet d’un réseau express métropolitain (un « RER à la lyonnais »), qu’il porte depuis des mois. Contradictoire avec « l’Anneau des sciences » (le périphérique ouest), que défend bec et ongles Gérard Collomb ? Que nenni ! « Alors que certains opposent Anneau des sciences et développement des transports collectifs, nous disons que les deux sont nécessaires », affirme Christophe Geourjon, nouvel adepte du « en même temps ». Après La République en marche, le MoDem et Agir (« la droite constructive »), l’ex-socialiste Collomb engrange donc une nouvelle étiquette et un logo supplémentaire à apposer sur ses tracts. Pour celui de LR (Les Républicains), en revanche, c’est trop tard : l’autre parti de droite a investi François-Noël Buffet.


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Municipales : Képénékian s’épanche dans Lyon People

Elections 2020C’est dans Lyon People – tout un programme – que le prétendant à la mairie de Lyon Georges Képénékian accorde sa première interview-fleuve depuis son lancement de campagne. « Un entretien à cœur ouvert », annonce le rédacteur-en-chef Marco Polisson dans son édito. De fait, « Képé » revient sur son « divorce » d’avec Gérard Collomb. « Après le 5 novembre [2018], date de sa réélection [comme maire], les choses ont commencé à se dégrader très vite et nos échanges se sont progressivement réduits », raconte le Premier adjoint qui a joué l’intéri-maire quand le baron était au gouvernement. Il avoue ne trouver « aucune explication rationnelle ». « Quand vous avez une rupture sentimentale, on vous explique. Là, non, rien », poursuit-il. On est dans Lyon People

Le reste de l’interview comporte son lot de passionnantes confidences – « Dans le bureau du maire de Lyon, je n’ai pas mis de photos de mes proches, et ne me suis jamais assis dans le fauteuil de Gérard » – et de messages politiques. Georges Képénékian n’a pas demandé l’investiture de La République en marche mais reste membre du parti et proche d’Emmanuel Macron : « Si quelqu’un n’a pas de doute sur ce point, c’est le Président de la République ». Il tend la main au maire du 2e arrondissement Denis Broliquier (ex-UDI), qui s’est dernièrement lancé dans la course [lire L’Œil de la semaine dernière]. « Il a envie de respirer, lui aussi », glisse Georges Képénékian en référence à son gimmick de campagne « Respirations ».

A noter enfin sa réponse sur l’affaire Nouri, du nom de l’ex-compagne de Gérard Collomb, dont l’emploi à la ville a été épinglée par un rapport de la Chambre régionale des comptes et intéresse le Parquet national financier. « Je n’ai jamais croisé cette dame », affirme le candidat. Et quand, en tant que maire, le directeur général des services l’informe de son cas en novembre 2017 : « Je lui dis : "Dont acte, il faut la remettre au travail". On lui trouve un poste en janvier 2018 ». Voici l’ancien ami « Gérard » prévenu : sur le dossier, on ne fera pas porter le chapeau à Georges Képénékian.


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Lutte contre la pollution de l'air : Lyon peut mieux faire

En matière de lutte contre la pollution de l'air liée aux transports, comment se situe Lyon ? Le réseau Action climat, Greenpeace et l'Unicef viennent de publier leur classement des douze plus grandes agglomérations de France. Notre métropole pointe à 4e place, derrière Paris, Grenoble et Strasbourg. Le rapport salue « les aides financières à la transition » avec la mise en place par le Grand Lyon d'un programme (un million d'euros sur trois ans) pour aider les petites et moyennes entreprises à louer ou acheter des véhicules plus propres ou encore les efforts pour le développement du vélo (« les comptages de cyclistes sont encourageants et l'offre de stationnement bien au-dessus de la moyenne »).

Au sujet de la réduction de la place de la voiture, il souligne « la généralisation » des zones limitées à 30 kilomètres par heure et les expérimentations de piétonisation de la Presqu'île mais la perspective de « l'Anneau des sciences » (« maintenu à ce stade ») vient rétrograder l'agglomération. Autres points noirs aux yeux des auteurs : l'absence de tarifs solidaires (en fonction du revenu ou du quotient familial) dans les transports en commun et la protection de la santé des enfants. En dehors des pedibus, « les collectivités [lyonnaises] ne mènent pas d'actions supplémentaires alors même que plus de la moitié des écoles et des crèches sont exposées à un niveau de pollution au dioxyde d'azote non réglementaire » [lire L'Oeil de Mediacités du 9 avril dernier].


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Presse : La Tribune (ex-Acteurs de l’éco) dépose le bilan 

Mauvaise nouvelle dans le paysage médiatique lyonnais, selon nos informations, La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes (ex-Acteurs de l’économie Auvergne-Rhône-Alpes) vient de déposer le bilan. La société éditrice RH Editions ainsi que RH Débats (le journal a développé ces dernières années une activité événementielle) se sont déclarées en cessation de paiement la semaine dernière. La décision a été prise suite à l’échec d’une conciliation portant sur un différend commercial entre l’éditeur et un imprimeur.

Spécialisé sur l’actualité économique et des décideurs de la région, Acteurs de l’éco avait changé de nom l’an dernier, après la prise de participation majoritaire (50,48%) du groupe Hima, propriétaire du journal économique La Tribune. Le média s’était alors recentré sur son site Internet, abandonnant son bimestriel papier. L’an dernier, RH Editions affichait un résultat positif de près de 100 000 euros, après des années de pertes (-320 000 euros en 2017). Cela n’aura pas suffi à éviter le dépôt de bilan. Les six salariés, dont le directeur de publication et figure du journal Denis Lafay, attendent désormais que le tribunal de commerce se prononce sur une liquidation ou un redressement judiciaire. Contactés, ni Denis Lafay, ni Jean-Christophe Tortora, président d’Hima, n’avaient répondu à nos sollicitations au moment de notre publication.

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Jusqu'en novembre 2018, RH Editions publiait le bimestriel Acteurs de l'économie. Photo : NB/Mediacités.


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Environnement : les agents de la Dreal essorés par des suppressions de postes

« C’est nous les espèces menacées ! ». Depuis plusieurs semaines, les agents de la Dreal Auvergne-Rhône-Alpes sonnent l’alerte sur les coupes budgétaires qui frappent la « police de l’environnement » de la région. L’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, Unsa) dénonce une baisse programmée de 20% des effectifs entre 2015 et 2022. Soit 175 postes supprimés dans la région sur près de 1000 agents actuellement. Une « casse sans précédent », estiment les syndicats, selon lesquels ce « plan social » met en péril les missions de services public de la Dreal. « Sans moyens qui peut croire à une vraie politique de transition écologique ? », s’interrogent-ils dans un tract. Une partie du personnel de la Dreal s’est mise en grève les 5 et 10 décembre.

Cette mobilisation intervient trois mois après l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, qui a mis en lumière le rôle crucial des agents de l’Etat dans le contrôle des installations classées, susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement. A Lyon, le manque de moyens de la Dreal force les agents à prioriser les risques, non sans causer une inertie dans le traitement de certains dossiers. Les industries supposées moins polluantes peuvent ainsi passer sous le radar des services pendant plusieurs années, comme nous l’avions révélé au sujet d’une centrale à béton de Décines située sur une nappe phréatique du Grand Lyon. L’alerte des syndicats interroge aussi sur la capacité de la Dreal a assurer un haut niveau de contrôle, notamment dans la vallée de la chimie, au sud de Lyon, qui concentre un grand nombre d’installations classées Seveso.