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Métropolitaine : greenwashing intégral (ou presque) pour Collomb

Elections 2020

En un meeting et une interview dans Le Progrès, Gérard Collomb a changé de couleur. Le maire de Lyon, candidat à la présidence de la Métropole, est passé au vert… lui aussi. Ce samedi 14 décembre, le baron réunissait ses troupes au Ninkasi de Gerland pour « une réunion de travail qui avait des airs de meeting », note Lyon Capitale. Un seul mot à la bouche : écologie. « Positive et non punitive », a asséné l’ancien ministre. Concrètement ? « Plus de jardins », « augmenter les surfaces des terres agricoles », des bornes pour recharger les voitures électriques, un « RER à la Lyonnaise » (l’idée phare du rallié UDI Christophe Geourjon), le report des camions sur le rail grâce au Lyon-Turin, etc., etc. « C’est par l’alliance de l’économie et de l’écologie que nous nous démarquerons », ambitionne le candidat.

Le lendemain, dans Le Progrès, il confirme et signe : des navettes fluviales électriques sur le Rhône et la Saône, des potagers « sur le principe des jardins ouvriers » dans l’Est lyonnais, des arbres, « fruitiers y compris », etc., etc. « On va planter beaucoup et on va planter partout », promet-il.

Son virage écolo lui fait-il abandonner l’Anneau des sciences, ce projet de périphérique ouest qui divise les prétendants au trône du Grand Lyon ? Que nenni ! « Je veux également écarter les circulations du cœur de l’agglomération. C’est pour cela que je milite pour l’Anneau des sciences », argumente-t-il dans le quotidien régional. Autrement dit, déplacer la pollution grâce au nouveau ruban de bitume… « Cette infrastructure doit avoir un but : diminuer le trafic global », avait-il avancé la veille au Ninkasi. Une gageure : toute nouvelle route, a fortiori autoroute, encourage au contraire le développement du trafic. Le greenwashing ne peut pas tout.


Bidule_carre_512pxMétropolitaine : la vaine bataille des députés

Elections 2020

Quatre partout, match nul. La semaine dernière, les députés du Rhône de la majorité Blandine Brocard, Jean-Luc Fugit, Anissa Khedher et Cyrille Isaac-Sibille ont officiellement apporté leur soutien à Gérard Collomb, dans la course à la Métropole. Quatre parlementaires, c’est autant que ceux rangés derrière l’adversaire David Kimelfeld (Anne Brugnera, Thomas Rudigoz, Jean-Louis Touraine et Hubert Julien-Laferrière). Egalité parfaite donc. Dans cette course à l’échalote, qui départagera les deux ennemis intimes de la Macronie ? Pas Bruno Bonnell. « Je ne prendrai pas partie dans cette guerre fratricide », a rappelé, dans Le Progrès, le député de Villeurbanne. Restent Yves Blein, Thomas Gassilloud et Danièle Cazarian. Un chiffre impair : ouf ! La bataille des fantassins de l’Assemblée devrait connaître un vainqueur. Mais pas sûr que cela ait une quelconque incidence, le moment venu, dans les urnes…     


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Le maire de Villeurbanne dénonce « l’allégeance » de Kimelfeld à Jean-Michel Aulas

La moutarde lui monte au nez. Jean-Paul Bret ne digère pas l’abandon du projet d’Arena de l’Asvel à Villeurbanne, au profit de la construction d’une salle multi-activités à Décines, dans le périmètre du grand stade de l’Olympique lyonnais. Et le maire (PS) de Villeurbanne l’a fait savoir à David Kimelfeld lors du conseil métropolitain de ce lundi 16 décembre. Décrivant le président du Grand Lyon comme un « exécutant zélé » de Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, Jean-Paul Bret s’est adressé directement à lui : « Vous qui cherchez à vous différencier de votre prédécesseur, on assiste là à du Collomb sans Collomb ».

A l’origine de sa colère : le vote d’une future mise en compatibilité du plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) avec le projet d’Arena de l’OL. Un tapis rouge pour le club d'Aulas, estime le maire de Villeurbanne, qui a bataillé pendant des années pour tenter de doter l’Asvel d’une salle de grande capacité à Villeurbanne, pour accompagner les rêves européens de Tony Parker tout conservant le club de basket sur sa commune historique.

La salle de 15 000 places qui devait voir le jour à la place du stade Georges-Lyvet, non loin de l’Astroballe, avait finalement été torpillée par l’annonce de Jean-Michel Aulas d’une future salle similaire estampillée « OL ». Une salle de trop pour l’agglomération. Pas question de voir deux lieux se partager les spectacles et concerts indispensables à leur équilibre financier en plus des compétitions sportives.

En mars dernier, la ville de Villeurbanne avait pourtant annoncé un accord avec une filiale de Live Nation, un géant de l’organisation de spectacles, pour l’exploitation de la future Arena de Villeurbanne. Trop tard. En juin, l’OL a annoncé son entrée au capital de l’Asvel et un accord avec le club de basket pour la construction d’une Arena à Décines.

« Le Président d’OL Groupe propose, la Métropole s’exécute », a taclé Jean-Paul Bret, alors que le dossier a été piloté par le cabinet de David Kimelfeld, en dénonçant « une forme d’empressement, voire d’allégeance » au patron du club de foot. Et d’évoquer le « chantage » de Jean-Michel Aulas pour enterrer le projet villeurbannais. Selon lui, la société Live Nation, par ailleurs exploitante des spectacles du grand stade de l’OL, aurait ainsi été mise sous pression. « Certains lui ont fait comprendre qu'[elle] irait se faire voir pour les prochains spectacles au grand stade », a estimé Jean-Paul Bret, cité par Lyon Capitale.

Le maire de Villeurbanne s’est aussi inquiété du modèle de développement porté par l’Olympique lyonnais, qui concentrerait avec cette nouvelle salle plusieurs équipements majeurs du Grand Lyon. Un « temple de la consommation du sport et des spectacles », « une OL City aux airs d’Europa City », a-t-il estimé en faisant allusion au projet de méga complexe au nord de Paris abandonné en novembre dernier.

« Avant d’être un projet OL City, c’est un projet Asvel » a répondu David Kimelfeld. Le président de la Métropole a rappelé que sa collectivité avait « passé du temps » pour aider le club de basket à « trouver un terrain d’atterrissage » pour se développer : « Mais force est de constater que pour un certain nombre de raisons ça n’a pas pu être possible ». L’usage de la future salle sera limité aux matches d’Euroligue, a-t-il ajouté. Un déménagement ponctuel, « pas choquant », selon lui, car accompagné de « la garantie » pour Villeurbanne de voir le club jouer la plupart de ses autres matches à l’Astroballe.

Reste qu’à l’approche des municipales, la plupart des candidats villeurbannais tirent déjà les conclusions de cet éloignement et souhaitent réduire les subventions de la commune au club. Pour mémoire, Villeurbanne dépense chaque année plus d’un million d’euros en faveur de l’Asvel.

 


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Migrants : le New York Times illustre les paradoxes français à Maurice Scève

Ils sont arrivés là sans raison précise, écrit le New York Times. L’un parce que le bus s’arrêtait à Lyon. Un autre parce que « la troisième ville de France semblait moins intimidante que Paris ». Un autre encore parce qu’il était fan de l’Olympique lyonnais. Le quotidien américain consacre un reportage – texte et photos – aux 450 exilés qui ont élu domicile dans l’ancien collège Maurice Scève, à la Croix-Rousse.

Norimitsu Onishi, le correspondant en France du journal, décrit la solidarité entre les occupants mais aussi les tensions et suspicions qui naissent entre les groupes ethniques ou entre les francophones et les anglophones. Si « la plupart viennent des anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest, une minorité de plus en plus importante arrive de la région des anciennes colonies britanniques », note-t-il. « J’ai appris tellement des problèmes de l’Afrique depuis que je suis ici », confie Ibrahim Koné, un Malien, cité dans l’article.

A travers la situation de Maurice Scève, le « NYT » illustre les paradoxes de la France face aux migrants. Ces hommes qui sont « dans les limbes d’une ville [d’une métropole] qui veut les expulser, dans un pays qui est en train de perdre patience et sur un continent qui l’a déjà perdue ». Dans le même temps, Ghassen Zaghdoud, militant qui a « ouvert » le collège en septembre 2018, témoigne qu’il n’a jamais vu « autant de soutien de la part des voisins en 20 ans de squat ». « Je ne sais pas ce qu’ils attendent de nous (…), pourquoi ils viennent, commente, en conclusion du reportage, Alpha Sow, un Gambien de 24 ans. La seule chose que je peux dire, c’est : "Merci, frères, merci". »


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Réforme des retraites : les manifestations continuent à Lyon, les violences policières aussi

Troisième étape contre la réforme des retraites ce mardi 17 décembre à Lyon. Renforcés par l’appel à manifester de la CFDT, les syndicats lyonnais ont donné rendez-vous aux manifestant à 11h30 à la Manufacture des tabacs, direction la place Bellecour. Un rendez-vous crucial avant les fêtes de fin d’année. Entre 21 000 et 35 000 personnes avaient défilé le 5 décembre à Lyon, et entre 10 000 et 20 000 le 10 décembre.

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Lors de la manifestation du 10 décembre, près du pont de la Guillotière. Photo : NB/Mediacités.

La manifestation de la semaine dernière a été marquée par un durcissement de la confrontation entre manifestants et forces de l’ordre, avec 22 policiers blessés et 10 interpellations, selon la préfecture du Rhône.

Surtout, cette journée du 10 décembre a été le théâtre de violences policières à l’encontre d’un jeune homme de 23 ans. Arthur Naciri a été lourdement blessé au visage par plusieurs policiers à Bellecour, en fin de manifestation. Le jeune homme, qui dit avoir été « passé à tabac », a perdu neuf dents et a eu la mâchoire fracturée après avoir été interpellé par les forces de l’ordre en marge du cortège. Une intervention violente, dont les photos et les vidéos ont été relayées le jour même par nos confrères de Rue89Lyon.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon dès le lendemain et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). En parallèle, la victime a indiqué avoir porté plainte.