Bidule_carre_512pxUn ponte des écoles d'ingénieurs pour succéder au directeur de Centrale Nantes

Comme nous vous le racontions dans L’œil du 9 janvier, Centrale Nantes était un canard sans tête depuis la démission de son directeur Arnaud Poitou le 31 décembre, dans la foulée d’un vote de défiance de son CA trois semaines plus tôt. Ce n’est plus le cas depuis hier, mercredi 15 décembre. Marc Renner a été nommé par le Ministère de l’enseignement supérieur pour assurer l’intérim « jusqu'à la prise de fonctions d'un nouveau directeur », comme l’a annoncé l’école d’ingénieurs. Ce Mulhousien, ingénieur de formation, a gravi tous les échelons académiques dans l’Est. De professeur en 1984 jusqu’à directeur de l’ENSA Strasbourg en 2019 et même président de la puissante Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI) jusqu’en mars dernier. À 63 ans (et bientôt à la retraite), ce ponte semble avoir le profil recherché pour pacifier une école, secouée par la gestion « clanique » de son prédécesseur. T.D.

 


Bidule_carre_512pxQuand les labos font du lobbying au CHU

#TransparenceCHU… Derrière ce hashtag apparu sur les réseaux sociaux vendredi dernier, se cache une série de passionnantes enquêtes sur les liens entre les principaux centres hospitaliers universitaires français et l’industrie de la Santé. En 2018, cette dernière a ainsi dépensé près de 170 millions d’euros auprès des 32 CHU de l’Hexagone et de leurs 30 000 praticiens. Ces liaisons dangereuses entre labos pharmaceutiques et hôpitaux publics, Mediacités vous en avait déjà longuement parlé à l’occasion de plusieurs enquêtes publiées à l’hiver 2018. Ils ont cette fois fait l’objet d’investigations encore plus larges, menée par une trentaine de journalistes du collectif Data+ Local. Regroupant les spécialistes du traitement de donnés d’une quinzaine de titres de la presse quotidienne régionale (de Sud Ouest à La Voix du Nord, en passant par La Montagne ou le Télégramme) et d’autres médias (parmi lesquels Mediacités), ce réseau a épluché durant deux mois la base Transparence Santé qui, depuis 2014, recense les « liens d’intérêts » (repas, participation à des études, invitation à des colloques, financement d’études, etc) noués par les industriels de la santé avec les médecins français. Le résultat : une série d’articles qui détaillent par le menu ces liens particuliers entre labos et hôpitaux.

Partenaire de l’opération, Ouest-France a ainsi publié vendredi son analyse de la situation au CHU de Nantes. On apprend notamment dans l’article que les labos lui ont versé plus de 8,5 millions d’euros (dont 2,8 millions directement aux médecins) pour la seule année 2018. Ce qui le place largement en tête du palmarès des hôpitaux de l’ouest. Une situation que le quotidien explique par l’accent mis sur la recherche dans l’établissement nantais. « Parce qu’elle fait partie des 10 CHU “fort chercheurs”, Nantes doit plutôt être comparé avec Bordeaux ou Lille (plutôt que Brest ou Rennes, Ndlr), écrit le quotidien. En 2019, au CHU, plus de 12 000 patients ont été inclus dans des essais cliniques. Il y avait près de 2 000 protocoles de recherches actifs en 2019, dont un tiers sont promus par des industriels. Ce sont ceux-là qui donnent lieu à des liens d’intérêts. »

https://www.mediacites.fr/enquete/national/2018/02/05/dans-les-chu-le-lobbying-agressif-des-labos-pharmaceutiques/


Bidule_carre_512px

Place Publique liste les enjeux des élections municipales

Couverture Place publique #73« Cinq, pas un de plus ! » Dans sa dernière livraison la revue nantaise (et nazairienne) Place Publique décrypte les principaux enjeux qui, selon elle, animeront les débats des élections municipales de mars prochain. Cinq thèmes, donc, qui vont de l’attractivité de plus en plus contestée de la métropole nantaise, au risque élevé d’abstention menaçant les scrutins de mars prochain, en passant par la sécurité, les transports et la transition écologique. Cinq thèmes que la revue analyse en faisant appel à de nombreux spécialistes aux avis parfois divergents.

Sur la question de l’attractivité, par exemple, la confrontation des points de vue vaut le détour. D’un côté, l’urbaniste Laurent Théry (ancien directeur de la Société d’aménagement de l’île de Nantes) soutient que la croissance de la métropole n’est pas « contradictoire avec le développement durable » et que « la décroissance n’est pas une alternative sociétale globale ». De l’autre, l’ancienne maire de Bougenais, Françoise Verchère (longtemps figure de proue de l’opposition à Notre-Dame-des-Landes), qui nous enjoint à nous « désintoxiquer du mythe Compétitivité, attractivité, métropolisation, excellence », à « sortir de ce culte de l’attractivité qui alimente la compétition et le déséquilibre entre les territoires, en renforçant les inégalités ». Stimulant. Le reste du dossier est à l’avenant, croisant les éclairages et les approches, comme sur les questions de la gratuité des transports ou de la transition écologique.

Mais comme il n’y a pas que les élection municipales dans la vie, nous recommandons également la lecture de l’excellente rubrique Zoom, dans laquelle Véronique Guitton (directrice des archives municipales de Nantes), Patrick Jean (photographe des archives municipales de Nantes) et l’historien Alain Croix scrutent à la loupe une photo ancienne de la ville pour en décrypter le moindre détail. Toujours un plaisir de lecture et d’érudition. Le numéro 73 de la revue Place Publique est à retrouver dans toutes les librairies et maisons de la presse.

Benjamin Peyrel  et  Thibault Dumas
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.