L’image a marqué les esprits. L’été dernier, un vaste champ de tentes vertes occupait le square Daviais, en plein centre de Nantes. Sous les toiles, des centaines de migrants trouvaient là un précaire refuge dans des conditions particulièrement difficiles. Et puis aux premiers jours de l’automne, les « exilés de Daviais » ont soudain disparu de notre vue. Évacués vers des gymnases par la ville de Nantes, ils ont passé l’hiver dans des centres d’accueil improvisés.   

La fin de la trêve hivernale ne devrait pas sonner leur retour à la rue. « Nous allons poursuivre les solutions d’accueil que nous avons mises en place, même si elles restent transitoires : le but est que les personnes puissent réintégrer progressivement le dispositif national », met au point Aicha Bassal, élue nantaise en charge de ce dossier sensible.     

Car les migrants ne sont pas prêts de disparaître à Nantes. Entre 2017 et 2018, le nombre de demandeurs d’asile enregistrés aux guichets de la préfecture de Loire-Atlantique a quasiment doublé, passant de 1 675 à 3 157. Et ils continuent d’affluer
Métropolisation
Conformément à un phénomène français de concentration des migrants dans les grandes villes où se trouvent à la fois services administratifs et associations d’aide, Nantes métropole concentrerait selon la préfecture régionale 75 % des migrants des Pays . . .

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Armandine Penna
Après avoir été correspondante du quotidien La Croix au Maroc, elle s’est installée à Nantes pour se spécialiser sur le secteur social. Que ce soit avec les mots ou son appareil photo, son crédo : rendre parole et dignité aux oubliés (personne en situation d’exclusion, de handicap, de migration ou de dépendance). Parmi les journalistes fondateurs de l’association « L’Etabli, des ateliers du social sur mesure », elle anime aussi des ateliers d’éducation aux médias et d’initiation au reportage auprès de publics fragiles.