Un papillon qui survole un plant de lavande dans un jardin public ? Une abeille qui butine de la sauge en pot sur un balcon ? On aurait presque tendance à s’extasier tant ces scènes deviennent rares à observer. Et pour cause : la plupart des experts estiment que nous vivons actuellement la sixième extinction d’espèces. 22% des oiseaux et 33% des papillons ont disparu en ville. 60% des hérissons meurent avant l’âge adulte. Sur les 1000 espèces recensées de butineuses, les citadins ne connaissent que l’abeille domestique.

Directeur scientifique de l’association naturaliste Arthropologia, située à La Tour de Salvagny, près de Lyon, Hugues Mouret dresse un tableau plutôt noir : « La nature va mal, en ville comme ailleurs. Les seules espèces qui se portent bien sont celles qui prolifèrent, faute de prédateurs, comme les rats, les puces ou les tiques ». Principaux responsables : la destruction des habitats des animaux, l’urbanisation, la pollution mais surtout les pesticides qui ont causé de terribles dégâts dans les parcs et jardins. Adieu hérissons, papillons, abeilles et oiseaux ?

Mediacités fait cette semaine le point sur les efforts engagés à Lille, Lyon, Toulouse et Nantes pour réaménager, au cœur des villes, des espaces où l’homme serait moins envahissant et où la nature pourrait (enfin) reprendre ses droits. Ruches et jardins sur les toitures des bâtiments publics, hôtels à insectes et nichoirs, murs végétalisés, plantations d’arbres, éco-pâturage... L’inventaire à la Prévert est non exhaustif. En résumé, « il faut enlever du bitume partout dès que l’on peut ! », avance Olivier Benoit-Gonin, écologue à Oxalis, une coopérative d’entrepreneurs. Pour Nélia Dupire, du service Ecologie à la Métropole de Lyon : « Il faut faire accepter "le végétal spontané", laisser le sauvage reprendre sa place en ville ». Certes, mais concrètement ?
1/ Bannir les pesticides
Mesure phare : depuis le 1er janvier 2017, les pesticides ont été bannis des parcs et jardins publics. La loi Labbé dite « Zéro phyto » interdit l’usage des produits chimiques aux collectivités et entreprises pour l’entretien de leurs espaces verts [à l’exception des cimetières et des terrains de sport comme nous l’écrivions en juillet à propos d’une histoire de glyphosate épandu à Sainte-Foy-lès-Lyon]. Cette mesure a été étendue depuis le 1er janvier dernier aux jardiniers amateurs.  Les « phyto » n’ont plus le droit d’être vendus en libre-service. Une bonne chose, quand on sait . . .

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