Allongés sur un matelas de fortune, Nina et Rachid, la vingtaine qui en paraît trente, n’ont pas été confinés comme tout le monde. Sous cette arcade de la rue Nationale, dans le centre‐ville de Lille, ils ont trouvé un « refuge » à la rue, mais protégé de la pluie et du soleil. Comme eux, beaucoup de sans‐abris ont passé le confinement dehors. En temps normal, ils sont quelque 2 800 à la rue, en campement ou en squat dans la métropole lilloise (selon une étude de l’Agence de développement et d’urbanisme de Lille Métropole, en décembre 2019), plus de 3 500 SDF à Paris (d’après les chiffres de la Nuit de la solidarité fin janvier 2020), environ 200 000 en France, selon les associations qui oeuvrent auprès des sans domicile fixe.     

Des hôtels ont été réquisitionnés pour accueillir certains sans‐abris. D’autres sont restés dehors. Et les associations ont tenté de pallier au mieux les besoins sanitaires, alimentaires et hygiéniques. « On a dû fermer pendant quatre ou cinq jours au début du confinement, explique Jean‐Baptiste Gérardot‐Druays, directeur de l’association lilloise La Deûle, qui offre des douches, entre autres, aux plus précaires. Quand on a rouvert, les gens étaient affamés. » Le constat est partagé. « Les personnes ont été encore plus isolées », confirme Morgane Pagès, responsable de l’antenne de Toulouse de l’association La Cloche.

En ces temps de confinement, faire la manche a été compliqué. Obligés de payer en …

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