Lille : pourquoi les derniers bains‐douches ont‐ils été détruits sans consultation ?

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Les travaux de déconstruction des bains-douches de Fives, ouverts en 1961, ont débuté le 21 mars dernier. Photo : Marion Rivet / Mediacités

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Temps de lecture : 5 minutes

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Par Marion Rivet

À Fives, les derniers bains-douches de Lille ont fermé leurs portes en 2019. Ils viennent d'être détruits, avant de devenir une des pièces de la restructuration des écoles du quartier.

Question de Maud, Lille : « Bonjour, pourquoi la décision de détruire les bains‐douches du quartier de Fives n’a‐t‐elle pas fait l’objet d’une consultation publique ? De nombreux usagers s’y rendaient et je ne sais pas quelles ont été les réelles solutions de remplacement. Quoi qu’il en soit, la démolition de l’un des plus beaux bâtiments du quartier s’est apparemment décidée brutalement, sans concertation, sans questionner la perte d’une architecture rare qui aurait mérité au minimum une reconversion… Merci »

Bonjour Maud,

Résidente du quartier de Fives depuis 14 ans, vous nous interrogez sur la décision prise par la municipalité lilloise de détruire les anciens bains‐douches de la rue Dupuytren, à Lille. Construit il y a plus de soixante ans, en 1961, le dernier établissement de ce type de toute la région a officiellement fermé ses portes le 28 avril 2019. Cinq ans après la fermeture de ceux du quartier de Wazemmes, c’était la douche froide pour les usagers réguliers ou ponctuels de ce lieu incontournable de la capitale des Flandres… Au‐delà de son caractère patrimonial, que vous mentionnez, il offrait un service public d’hygiène, notamment pour les personnes les plus précaires qui n’ont pas accès à l’eau courante.

Alors pourquoi a‑t‐on décidé de fermer un lieu essentiel au sein d’une ville de plus de 230 000 habitants (et même plus d’un million à l’échelle de la métropole) ? À l’époque, la mairie de Lille justifiait sa décision par la vétusté d’un bâtiment qui entrainait « des fermetures de plus en plus régulières pour garantir la sécurité des usagers ». Il y avait aussi des problèmes de plomb et d’amiante sur le site. « Dégradé, il ne répondait plus aux besoins des usagers de ce service public », pouvait‐on lire dans un communiqué de la mairie d’avril 2019.

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