Christelle Morançais lors de la présentation de son plan de relance régional le 6 juillet 2020 / Photo : Thibault Dumas

Régionales : Christelle Morançais est-elle une présidente des villes ou une présidente des champs ?

Question de Victoire à Mediacités : « Ma mère habite en Mayenne et moi à Nantes. Combien la Région a-t-elle dépensé dans l’aménagement des territoires ruraux et urbains depuis 2016 ? Qu’est-ce que cela représente par rapport aux autres dépenses ? »

Bonjour Victoire, et merci pour votre question. 

« Nous sommes la Région trait d’union entre la ville et la campagne », s’enorgueillit Christelle Morançais dans son programme pour les élections régionales 2021. « Nous nous battons pour le développement équilibré de chaque territoire », ajoute-t-elle. Mais qu’en est-il vraiment ? Depuis son arrivée à la tête de la région Pays de la Loire en 2017 (en remplacement de Bruno Retailleau, dans l’incapacité de cumuler son mandat de président de région et de sénateur), Christelle Morançais n’a pas tout à fait mis les mêmes efforts financiers dans les territoires ruraux et urbains. 

Pour vous éclairer sur cette question, Victoire, et pour savoir qui de vous ou votre mère avez le plus bénéficié de financements de la Région, nous nous sommes plongés dans les 3 092 pages des comptes administratifs de la collectivité depuis 2016. Premier constat : les dépenses liées à l’aménagement du territoire ont diminué de 42% pendant le mandat. Elles  sont ainsi passées de 98,2 millions d’euros en 2016 à 56,8 millions d’euros. Cumulées, les dépenses du conseil régional des Pays de la Loire de 2016 à 2020 se répartissent ainsi : 

Une lecture plus détaillée des comptes de la collectivité nous a permis de constater un certain déséquilibre entre les territoires ruraux et urbains. De 2016 à 2020, le montant alloué à l’aménagement des agglomérations et des villes moyennes a été divisé par quatre. Quant aux espaces ruraux, l’enveloppe qui leur a été consacrée a légèrement augmenté.

Les transports pour renforcer la cohésion entre territoires

Christelle Morançais le souligne, la Région a voulu soutenir les petites communes, notamment grâce au Pacte régional pour la ruralité, lancé en 2016. Parmi les défis définis comme « prioritaires » figure l’amélioration de la mobilité et des transports, même si la question n’a pas été centrale lors de la campagne électorale

Si l’aménagement des territoires n’a pas été la priorité financière de la Région, les transports ont pu bénéficier d’un (beaucoup) plus grand budget. L’enveloppe qui leur a été destinée est même la plus importante. Et de loin. En tout, la Région a dépensé plus de 2 milliards d’euros pour le développement des transports ces six dernières années. C’est 30% de plus que le deuxième plus gros budget de la collectivité, destiné à l’enseignement. 

La santé peu financée

Pourtant, au début du mandat de Bruno Retailleau en 2016, c’était bien l’enseignement le numéro un. Mais la loi portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) est venue tout chambouler. Avant septembre 2017, c’étaient les départements qui finançaient les transports interurbains et scolaires. Mais les cartes ont été redistribuées, et la Région a hérité de ces compétences. En 2018, elles représentaient 41% du budget total alloué aux transports. L’augmentation du budget transport est donc moins lié à un choix politique qu’à un transfert de compétences entre collectivités. Comme le montre le graphique ci-dessus, ce sont essentiellement les dépenses de fonctionnement qui ont augmenté (de 149 à 392 millions d'euros entre 2016 et 2020), l’investissement dans les infrastructures ou le matériel (les trains, par exemple) restant de son côté relativement stable.          

Pour en revenir au « développement équilibré de chaque territoire » Victoire, la présidente de la Région souhaite mettre l’accent sur l’accès à la santé. Un domaine qui figure aussi dans les défis listés par le Pacte régional pour la ruralité. Pourtant, malgré une hausse assez logique du budget en 2020 en raison de la crise sanitaire, la santé est restée grande dernière des dépenses de la collectivité. Une chose est sûre, elle n’a pas été oubliée par les candidats. D’un « bus de santé » à la téléconsultation, chaque aspirant président de la Région semble avoir son idée pour renforcer l’offre de soins sur le territoire.

 

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