Pourquoi le décompte des décès du Covid-19 commence-t-il au 1er mars ?

Hôpital Yvelines
Photo d’illustration. © Nicolas DUPREY/ CD 78

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Par Romain Bizeul

La mère de notre lecteur Dominique est décédée le 29 janvier avec tous les symptômes du coronavirus. Mais elle ne fait pas partie des statistiques officielles. Nos explications.

Question de Dominique : Pourquoi avoir commencé le décompte des décès le 1er mars alors que ma mère est décédée le 29 janvier en Ile-de-France avec tous les symptômes du Covid 19 ?

Bonjour,

les chiffres officiels sur l’évolution du Covid-19 – et notamment ceux des décès – publiés tous les jours par Santé publique France, remontent effectivement au 1er mars. Leur recensement a changé d’échelle le 16 mars, quand le pays est passé en phase 3 de l’épidémie. Les hôpitaux ont été, dès lors, priés de faire remonter quotidiennement le nombre de victimes du Covid-19 en alimentant le système d’information pour le suivi des victimes d’attentats et de situations sanitaires exceptionnelles (SI-VIC). Un outil qui a récemment servi à recenser les hospitalisations consécutives aux affrontements de la crise des Gilets Jaunes.

Si les bilans nationaux démarrent au 1er mars, c’est parce que beaucoup d’hôpitaux sont incapables de retracer les cas « vérifiés » de Codvid-19 avant cette date, comme l’indique Santé publique France à Mediacités. Les statistiques officielles excluent donc les décès survenus avant le mois de mars. L’agence de santé nous assure que leur nombre serait « marginal ».  

Certains bilans régionaux peuvent remonter avant cette date. Contactée par Mediacités, l’ARS des Pays-de-la-Loire indique par exemple « communiquer sur le nombre de cas et de décès depuis le premier cas testé positif » dans sa région, à savoir le 27 février. « Au niveau régional, il est possible que certains hôpitaux puissent remonter plus loin que le 1er mars, concède Santé publique France. Mais nous avons dû arrêter une date qui soit vérifiable partout ». 

La question du début du recensement des victimes du Covid-19 n’est qu’un des éléments qui doit inciter à prendre les chiffres bruts avec prudence. « Le comptage en temps réel dans les épidémies est une question complexe, il est extrêmement difficile de savoir de manière sûre combien de gens sont malades et combien de gens décèdent », a avoué au Monde le directeur de la communication de l’ARS d’Île-de-France. Les difficultés concernent notamment les décès à domicile : au 26 avril, le syndicat des médecins généralistes, MG France, les estimaient à environ 9 000, soit autant de cas qui ne seraient pas comptabilisés dans les chiffres de Santé publique France. Mais le flou demeure également sur les Ehpad, comme nous l’expliquions dans un précédent article.

Si une plateforme a bien été mise en place pour recenser les morts dans ces établissements, la difficulté quant à la précision de ces données persiste. « Les deux premiers cas sont testés, et à partir du moment où la présence du Covid-19 est confirmée, on ne fait plus de tests », expliquait à l’AFP le directeur général adjoint de l’ARS de Bourgogne Franche-Comté, Olivier Obrecht. Résultat, faute de moyens, les personnes décédées en Ehpad sont automatiquement considérées comme victimes du Covid-19 si d’autres cas ont été confirmés auparavant. Une raison de plus de prendre avec précaution des bilans qui ne sont que provisoires.

Romain Bizeul

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