La liste Demain Toulouse est‐elle le reflet de la population toulousaine ?

Présentation de la liste Demain Toulouse, menée par François Piquemal (LFI) / Gael Cérez
Présentation de la liste Demain Toulouse, menée par François Piquemal (LFI) / Gael Cérez

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Par Gael Cérez

La liste menée par François Piquemal assure être le reflet de la sociologie de la population toulousaine. Mediacités a utilisé la méthode du collectif Démocratisons la politique pour le vérifier.

« Une liste à l’image de la sociologie de Toulouse », c’est la promesse de Demain Toulouse, la liste conduite par le député LFI François Piquemal. « Tous les secteurs de la commune sont représentés. C’est le Toulouse qui travaille », souligne le candidat. « Nous ne sommes pas une liste de CSP+. Nous ne représentons pas seulement le centre‐ville », ajoute Madeleine Parpet, représentante du NPA‐L’Anticapitaliste, une des sept composantes de la liste. 

Pour vérifier cette affirmation, Mediacités s’est tourné vers Démocratiser la politique, dont le récent rapport a permis de mettre en évidence la sous‐représentation des classes populaires dans les élections. Composé de sociologues, ce collectif a mis au point une méthode permettant d’analyser la sociologie des candidats selon leurs catégories socio‐professionnelles.

Disponible en ligne, l’outil permet de classer les candidats en cinq grandes catégories (supérieures, moyennes, populaires, retraités, autres) (Voir en Coulisses). L’objectif est de mesurer la parité sociale, c’est‐à‐dire la juste représentation de l’ensemble des habitants d’un territoire. 

En suivant le canevas proposé par Démocratisons la politique, il apparaît que la liste Demain Toulouse compte 18 colistiers des classes supérieures, 19 des classes moyennes, 12 des classes populaires, 12 retraités et huit classés « autres ». Sa composition est donc proche de la sociologie toulousaine, même si les classes supérieures sont légèrement sur‐représentées. Une liste toulousaine à parité sociale compterait en effet 17 colistiers de classe supérieure, 17 de classe moyenne, 21 de classe populaire et 14 retraités.

Par comparaison, la liste Archipel citoyen comptait en 2020 une écrasante majorité de cadres et professions intellectuelles supérieures parmi ses colistiers (54 %). Le conseil municipal actuel fait pire, puisque 68 % des élus municipaux sont issus des classes supérieures, 14 % des classes moyennes, 14 % de retraités et seulement 3 % de classes populaires. 

Âge et partis

Au‐delà de la composition sociale, les colistiers affichent un âge médian de 42 ans et un âge moyen de 46 ans. La plus jeune colistière a 19 ans, le plus âgé, 85 ans.

Sur le plan politique, la liste compte 29 membres de LFI, 14 de l’Union populaire (la société civile proche de LFI), neuf représentants de l’Assemblée des quartiers, huit du NPA‐L’Anticapitaliste, cinq dissidents écologistes (Collectif pour une écologie populaire), trois archipéliens dissidents (Démocratie en commun.s) et deux membres de Tous pour Toulouse. 

Selon le collectif Démocratisons la politique, les classes supérieures, dites « dominantes », se caractérisent par « un pouvoir économique, culturel ou politique fort, leur permettant de dicter les normes sociales, professionnelles, politiques ou culturelles, y compris lorsqu’elles peuvent être précaires économiquement, comme les artistes par exemple ».

Les classes moyennes, dites « intermédiaires »,  « n’ont pas cette autonomie, mais participent à la construction des normes sociales ou culturelles et encadrent d’autres groupes (ex. : travail social, santé, malgré une précarisation croissante) ».

Enfin, les classes populaires, dites « subalternes », « dépendent d’autres classes dans leur travail et contribuent peu à la production des normes, sauf dans certains rapports de force », expliquent les auteurs du rapport. 

La catégorie « Autres » regroupe des professions difficilement classables, « comme les militaires, les membres du clergé, les inactifs, les personnes sans profession (femme au foyer ou rentier, par exemple), et les étudiants », précise Kevin Bhema Vacher, sociologue et cofondateur du collectif. 

Certaines professions restent délicates à classer. Un cadre associatif fait‐il partie des classes populaires en raison de son faible revenu ou des classes supérieures du fait de son diplôme et de son pouvoir décisionnel ? « Dans ce cas, on met en classe moyenne », conseille le directeur scientifique de Démocratiser la politique. Un avis que nous avons suivi dans notre analyse.

 

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