Le Tunisien retenu au centre de rétention administrative de Cornebarieu, qui avait avalé une pile pour s'opposer à son expulsion, a finalement été remis dehors, hier dimanche. Toujours valide, son OQTF est désormais assortie d'une assignation à résidence.
Sa prise de risque désespérée n’a pas été totalement vaine. Saifedine R., le ressortissant tunisien placé au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu depuis le 4 décembre et qui risquait une expulsion imminente vers la Tunisie, a finalement été remis dehors, dimanche 1er février.
La décision a été prise par le juge des libertés et détention (JLD), lors d’une audience qui s’est tenue dimanche matin au tribunal de Toulouse. D’après nos informations, son avocate, que nous n’avons pas pu joindre, a notamment plaidé son état de santé.
Le 22 janvier, après avoir appris qu’il risquait d’être renvoyé dans un vol Toulouse‐Tunis 5 jours plus tard, Saifedine avait avalé des piles. Vendredi 30 janvier, il a pu faire une radio qui a confirmé qu’il les avait toujours dans l’estomac. Auparavant, il avait témoigné d’une prise en charge défaillante des services de santé du CRA.
Cette décision de remise en liberté du JLD n’annule pas l’Obligation de quitter le territoire français (OQTF) dont Saifedine fait toujours l’objet et qui, elle, relève du tribunal administratif. En revanche, son OQTF est désormais assortie d’une assignation à résidence le contraignant à pointer au commissariat.
Installé depuis trois ans en France où il vit et travaille, Saifedine va donc goûter à cette très étrange forme de « liberté » rendue possible par la politique d’immigration française : vivre ici, du plomb dans l’estomac, avec la double obligation de partir au plus tôt du …