Pas de débat télévisé ou public, une presse locale qui sèche les meetings, une absence de sondages depuis neuf mois… La campagne municipale pour la mairie de Tourcoing, pourtant deuxième ville du Nord avec ses 100 000 habitants, ne semble pas drainer le même intérêt qu’à Lille, Roubaix ou Villeneuve d’Ascq. Le signe d’un manque de suspense ? De fait, Doriane Bécue (divers droite), qui a remplacé Gérald Darmanin dans le fauteuil de maire quelques mois seulement après l’élection en 2020, semble bien être la grande favorite.
« Une élection n’est jamais gagnée d’avance, on a besoin d’une mobilisation générale le 15 mars », tempère‐t‐elle pourtant lorsqu’elle lance sa campagne municipale début janvier. Dans un QG de campagne surchauffé et plein à craquer, la possibilité d’arracher un nouveau mandat ne semble néanmoins faire aucun doute parmi ses soutiens qui s’époumonent durant de longues minutes en criant « Doriane ! » avec enthousiasme.
Rebelote le 12 février, pour le premier meeting de la maire sortante. Celle‐ci a donné rendez‐vous dans l’espace bar du complexe sportif Léo Lagrange, entièrement rénové après trois ans de travaux pour 20 millions d’euros. « Elle aurait dû le faire en bas, il y a 3000 places », observe un spectateur qui a du mal à trouver une chaise pour s’asseoir.
Car les deux cent sièges installés se révèlent vite insuffisants, et la foule ne désemplit pas dans les allées. Les habitants présents ne semblent pas avoir pris ombrage de la défection rapide de Gérald Darmanin comme maire alors qu’il avait promis de se concentrer sur Tourcoing lors de son élection. Ils se sont rapidement attaché à celle qui l’a remplacé au pied‐levé.
Derrière Doriane Bécue, l’ombre de Gérald Darmanin
Mais si Gérald Darmanin avait choisi de s’effacer quelque peu derrière Doriane Bécue ces derniers mois, notamment du fait de concessions pour rester au gouvernement, il n’est en réalité jamais très loin et ne manque pas un seul des évènements de la campagne. Pour ce premier meeting, il a traversé la salle et serré toutes les mains qu’il pouvait aux côtés de Doriane Bécue, un grand sourire plaqué sur les lèvres. C’est ensuite lui qui a ouvert le bal en prononçant un discours d’introduction. « Bonsoir. Je m’appelle Gérald Darmanin et je suis sur la liste qui va gagner au premier tour le 15 mars prochain », a‑t‐il dégainé avec assurance.
Inspiré par la période de la Saint‐Valentin, le ministre s’est ensuite lancé dans une longue tirade en évoquant son « histoire d’amour » avec la ville de Tourcoing, ses habitants et avec « Doriane [Bécue] ». « Je me souviens …