Insultes, crachat, coups et menaces de mort : À Toulouse, la campagne dérape sous les yeux passifs du maire‐candidat

Ce 19 mars, le candidat LFI François Piquemal et son binôme socialiste François Briançon ont été menacés de mort lors de la cérémonie annuelle à la mémoire des victimes des attentats islamistes du 19 mars 2012. Témoin des violences verbales, Jean-Luc Moudenc est accusé de n'avoir rien fait pour ramener le calme. Une passivité coupable pour ses adversaires qui dénoncent un traquenard politique. Récit.

Capture écran d'une vidéo montrant les menaces visant un soutien de François Piquemal, lors de la commémoration du 19 mars, à Toulouse. / Illustration Mediacités

Ce jeudi 19 mars à midi, le square Charles‐de‐Gaulle, à deux pas de la place du Capitole, est à la fois un lieu de recueillement et un point de tension politique. Comme chaque année, Toulouse commémore les sept victimes des attentats terroristes islamistes du 19 mars 2012, à Toulouse et Montauban : Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad, Jonathan Sandler, ses deux fils Gabriel et Arié, ainsi que Myriam Monsonégo. Ces quatre dernières victimes étant assassinées, parce que juives, dans l’école Ozar Hatorah.

Cette cérémonie se déroule cette année dans un contexte électoral particulièrement sensible. L’alliance conclue quelques jours plus tôt entre les listes de gauche menées par le socialiste François Briançon et l’insoumis François Piquemal a attiré l’attention nationale, dans un contexte hautement inflammable. Avivées par les ironisations de Jean‐Luc Mélenchon sur des prénoms à consonance juive, les accusations d’antisémitisme visant La France Insoumise n’ont jamais été aussi fortes, malgré l’absence de plainte à ce sujet.

Autour du square Charles de Gaulle, un public inhabituel se presse alors pour assister à la cérémonie. Des barrières filtrent les accès et de nombreux policiers sont mobilisés. À peine le périmètre franchi, des hommes en civil interpellent certains visiteurs pour vérifier le contenu de leur sac, y compris quand il s’agit de journalistes. S’agit-il d’un service d’ordre informel ou d’un policier incognito, leur identité reste floue.
Insultes et applaudissements
Les minutes passent et les invités arrivent progressivement. Dans la foule, l’impatience se fait sentir. Certains préparent déjà leurs affiches hostiles à la liste Demain Toulouse la gauche unie. « Alliance PS LFI = trahison » peut‐on lire sur les pancartes brandies à bout de bras.

Quand l’insoumis François Piquemal fait son apparition, entouré d’un service d’ordre interne, sifflets, huées et insultes s’élèvent en tumulte. Aussitôt remplacés par des applaudissements et des acclamations quand Jean‐Luc Moudenc entre à son tour en scène. Ce qui devait être un moment de recueillement et de concorde républicaine s’abîme alors dans une séquence politique de caniveau.

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Publié le

Temps de lecture : 8 minutes

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