Salle de consommation à moindre risque à Strasbourg. Photo : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Salle de consommation à moindre risque : piquée au vif, Martine Aubry se tourne vers le Premier ministre

Tout était jusqu'alors sur les rails pour la future salle de consommation à moindre risque lilloise, qui devrait voir le jour sur le boulevard de Metz d’ici le 1er octobre. Mais une intervention du ministre de l’Intérieur est venue chambouler les plans de la municipalité. L’avenir du dossier dépend à présent du Premier ministre.

Allier santé publique et sécurité. C’est là l’argument principal de la Ville de Lille, qui souhaite ouvrir une salle de consommation à moindre risque (SCMR) d’ici le 1er octobre, date réglementaire pour bénéficier d’un financement de l’État. Dans sa mise en place, la mairie aura fait face à quelques difficultés. Parmi elles, l’adresse, jusqu’alors grande inconnue du chantier. Un problème désormais réglé : la future « salle de shoot » devrait se situer sur le boulevard de Metz, aux abords du centre de prévention en addictologie du CHU de Lille. Dès lors, rien ne semblait plus pouvoir se mettre au travers de l’installation de la future SCMR.

C’était sans compter sur le ministre de l’Intérieur. Alors qu’une délibération était inscrite à l’ordre du jour du conseil municipal du 29 juin, Gérald Darmanin, sollicité par le préfet du Nord, a manifesté sa « ferme opposition » au projet. « La drogue ne doit pas être accompagnée mais combattue », a-t-il soutenu. Et de pointer du doigt les salles du même type déjà ouvertes à Paris et à Strasbourg, qui provoqueraient selon lui, « des inconvénients majeurs, dont celui de favoriser la fixation des consommateurs en un lieu unique, avec tous les troubles associés : dégradations, injections à la vue de tous, rixes, vols…»

« On ne veut pas se mettre mal avec monsieur Darmanin »

Une chose est sûre, sa prise de position a bien été entendue par la mairie. Soutenant que le projet lillois avait déjà reçu l’aval du ministère de la Santé et de l’Agence régionale de Santé (ARS), la maire de Lille a tenu à citer un rapport de l’Inserm, publié au début du mois de mai. Sa conclusion ? Les SCMR auraient bien « des effets positifs en termes de santé publique ».

Mais ses arguments n’ont pas réussi à convaincre les élus du groupe Faire respirer Lille (LREM), qui ont préféré s’abstenir, mettant en avant le « manque de concertation » avec les riverains sur le sujet. « Je comprends que pour Faire respirer Lille c’est compliqué !, a ironisé la maire de Lille. On ne veut pas se mettre mal avec monsieur Darmanin. »

Le projet doit maintenant être soutenu par le Premier ministre pour être débloqué. Martine Aubry a tenu à préciser qu’elle reprendrait contact avec lui après le vote de la délibération actant les modalités d’installation de la future « salle de shoot ». Non sans, au passage, manifester son mécontentement : « J’ai été extrêmement étonnée de l’intervention du ministre de l’Intérieur, qui n’était, par ailleurs, pas dans la boucle de la décision. »


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« Ouverture d’une salle de consommation à moindre risques »
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