Prototype d'une branche de l'Arbre aux hérons / Photo : Creative commons - Jean-Pierre Dalbéra - Flickr - https://www.flickr.com/photos/dalbera/7724254868

Sur l’Arbre aux hérons, Nantes Métropole avance en silence

On recrute du côté de l’Arbre aux hérons ! Pas de celui de la Compagnie La Machine, créateur et promoteur du projet. Mais à Nantes Métropole. Malgré la controverse sur son intérêt et son coût ; malgré les divergences au sein de la majorité municipale – l’Arbre est l’un des cinq sujets sur lesquels les écologistes de Julie Laernoes ont acté leur différend avec le reste de l’équipe Rolland –, la collectivité continue donc d’avancer. Et d’engager des frais.

Ces dernières semaines, Nantes Métropole a publié coup sur coup deux appels d’offre concernant la création de François Delarozière et Pierre Oréfice. Deux marchés qui semblent avoir pour but de permettre à Nantes Métropole de contrôler un peu plus étroitement la conception et la construction de cette attraction de 32 mètres de haut destinée à s’installer à Chantenay, sur le site de la carrière Miséry. Des coûts supplémentaires, donc, mais pas forcément un mal, tant la collectivité a, jusqu’à présent, laissé la bride sur le cou des créateurs de l’éléphant et du carrousel des mondes marins. Pas toujours pour son bien, d’ailleurs, comme l’ont révélé nos précédentes enquêtes.

https://www.mediacites.fr/nantes/dossier/machines-de-ile/

Le premier appel d’offre, paru le 7 septembre, concerne un « marché de contrôle technique pour la construction d'un grand héron. » Une mission primordiale – la faisabilité du projet restant encore floue - dont le montant demeure inconnu. Mais après tout, depuis que ses créateurs ont reconnu qu’il dépasserait les 35 millions d’euros prévus à l’origine, on ne connaît pas non plus celui du coût final de l’Arbre aux hérons. L’annonce rappelle néanmoins quelques éléments. D’abord la facture des deux volatiles censés accueillir de 15 à 20 personnes et survoler l’Arbre : environ six million d’euros (2,8 millions hors taxe chacun). Mais aussi la date à laquelle la collectivité espère voir l’Arbre achevé : septembre 2022.

La seconde annonce, publiée le 11 septembre par Nantes Métropole, relève là aussi, du contrôle. Mais rien de technique ou mécanique cette fois-ci, puisqu’elle concerne cette fois une « mission d'assistance et d'expertise juridique pour l'opération Arbre aux Hérons ». En échange de 80 000 euros au maximum, le prestataire choisi par la collectivité sera « sollicité sur le montage contractuel, en termes de commande publique, le plus adéquat pour la construction de l'arbre ». Une assistance bienvenue cette fois encore puisque, comme l’ont souligné nos enquêtes, un certain flou juridique entoure depuis longtemps les relations entre Nantes Métropole et La Compagnie La Machine. Notamment en matière de droit de la propriété intellectuelle, l’un des points d’ailleurs stipulé en toutes lettres dans l’annonce publiée par Nantes métropole.

Appel d'offre service juridique Arbre aux hérons

Bref, alors que l’Arbre aux hérons était un peu sorti du champ du débat politique à la faveur de l’été, Nantes Métropole continue patiemment de faire progresser le dossier. Après tout, le projet ne figurait-il pas en bonne place au rang des promesses de campagne de Johanna Rolland ?

Cet article concerne la promesse :
« Installation de l’Arbre aux Hérons »
Voir toutes les promesses
Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

Précédemment dans l'Oeil

Maire, présidente de Métropole et directrice de campagne présidentielle : un cumul inédit pour Johanna Rolland

Mediacités est allé fouiller dans les archives : si la maire (PS) de Nantes est officiellement désignée directrice de campagne d'Anne Hidalgo, ce sera une première. Jamais le maire d'une des dix plus grandes villes de France n'a orchestré l'un de ces grands barnums présidentiels. Et on comprend pourquoi.

Les commissions d’éthique installées, bientôt un déontologue pour la ville et la métropole de Nantes

Plus d'un an après le début du mandat, les commissions d'éthique et de transparence promises par Johanna Rolland lors de la campagne municipale ont enfin tenu leurs premières séances.