Sur le "parc éolien le plus étudié de France", à Nozay, entre Nantes et Rennes. / Photo : Thibault Dumas

Éoliennes « tueuses » de Nozay : une nouvelle étude préconise l’arrêt du parc pour un test

Et une étude de plus pour les « éoliennes tueuses » de Nozay… Alors que le mystère continue de planer sur le parc éolien des « Quatre seigneurs », entre Nantes et Rennes, où 450 bovins sont déjà mort depuis la mise en service de huit éoliennes à l’été 2013, un nouveau rapport – le 26e ! – rendu public mardi 9 février préconise l’arrêt total du parc pendant dix jours. Une solution à laquelle s’oppose son exploitant, le fonds allemand KGAL, comme Mediacités le révélait le 28 janvier dernier.

« Seule la réalisation d'un test d'arrêt total du parc dans son acception large permettrait de sortir de la situation actuelle », écrivent les rapporteurs du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) et du Conseil général de l'alimentation (CGAAER), qui confirment « la concomitance des troubles intervenus 
dans les élevages avec la construction du parc éolien ». Deux facteurs pourraient selon eux expliquer les nuisances, rapporte ainsi l’AFP : des courants électriques vagabonds ainsi que la situation hydrogéologique des sous-sols.

Les agriculteurs condamnés à attendre

Aucune certitude cependant, comme à l’issue des 25 précédentes études. Résultat, si le CGEDD et le CGAAER (deux organismes dépendant respectivement du ministère de l’Environnement et de celui de l’Agriculture) préconisent bien un arrêt de dix jours du parc, ils préviennent néanmoins que si le test ne relève pas de cause précise au phénomène, « toutes les parties devront reconnaître qu'en l'état actuel des connaissances scientifiques, aucune responsabilité ne peut être imputée ». Voilà qui fera une belle jambe aux éleveurs victimes depuis près de dix ans de ce phénomène. Ces agriculteurs doivent d’ailleurs éviter de se faire trop d’illusion, semblent leur indiquer les rapporteurs des deux agences, qui recommandent d’ores et déjà de mettre sur pied un plan d’accompagnement à la reconversion ou à la relocalisation de ces deux élevages.

Les voilà donc, une fois de plus, condamnés à attendre. Que l’exploitant du parc accepte le test, d’abord. Puis que celui-ci soit mené. Mais aussi que l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), à qui les pouvoirs publics ont également commandé une étude, rende ses conclusions. Chargée d’évaluer l'imputabilité de l'activité du parc éolien sur la santé et le bien-être des animaux, elle doit rendre son rapport au premier semestre 2021.


Lire ou relire nos précédents articles sur le parc éolien de Nozay

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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