La mairie de Loireauxence, dans le pays d'Ancenis, en Loire-Atlantique. / Photo : Antony Torzec

La maire de Loireauxence interdite de se présenter aux départementales en Loire-Atlantique

Coup dur pour la gauche départementale. La préfecture de la Loire-Atlantique a refusé vendredi dernier d'enregistrer la candidature des maires d'Ancenis et de Loireauxence aux prochaines élections départementales en Loire-Atlantique sur le pays d'Ancenis. Rémy Orhon et Christine Blanchet - qui se présentent comme des élus "sans étiquette" - entendaient s'inscrire « dans le rassemblement très large » autour de Michel Ménard (PS), candidat à la succession du président (PS) du conseil départemental Philippe Grosvalet, qui ne se représente pas.

Problème : la maire de Loireauxence – bien connue des lecteurs de Mediacités pour avoir pris la main sur les 150 boîtes mails de sa collectivité - est aussi cheffe de l'unité "Filières végétales" au sein du pôle Filières agricoles et agro-alimentaires du Service régional de l'économie agricole et des filières (Sréaf) de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) des Pays de la Loire. Or, le code électoral dispose que « ne peuvent être élus membres du conseil départemental (...) les ingénieurs (...) et autres agents du génie rural, des eaux et des forêts dans les cantons où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ».

Rémy Orhon doit trouver un nouveau binôme

Dans son argumentaire, Christine Blanchet maintenait que les services de l’État avaient commis une « erreur de droit ». Selon son analyse, « les ingénieurs de l'agriculture et de l'environnement » comme elle « ne peuvent être regardés comme exerçant des fonctions assimilables à celles d'un ingénieur du génie rural, des eaux et des forêts ». Mais « alors même qu'elle soutient n'exercer ses fonctions qu'à temps partiel à raison de ses fonctions électives de maire, elle est, selon ses propres dires, responsable (...) de la coordination de la politique viticole sur l'ensemble du territoire ligérien, comprenant notamment le canton d'Ancenis pour lequel elle a déposé sa candidature », objecte le tribunal administratif de Nantes dans un jugement rendu public ce mardi 4 mai 2021. « Dès lors, elle remplit des missions qui la rendent inéligible aux fonctions de conseiller départemental », en déduisent les juges nantais.

Contactés ce mardi midi, les avocats de Christine Blanchet n'avaient pas donné suite à nos sollicitations pour préciser la portée et les conséquences juridiques d'une telle invalidation. Le maire d'Ancenis Rémy Orhon a jusqu'à 16 heures, ce mercredi 5 mai 2021 « dernier délai », précise le site internet de la préfecture - pour déposer la candidature de son nouveau binôme.

Mise à jour du 5 mai à 17 heures :

On sait désormais qui va remplacer la maire de Loireauxence (Loire-Atlantique) aux prochaines élections départementales sur le pays d’Ancenis. Actuellement adjointe au maire de Couffé (Loire-Atlantique) en charge de l’urbanisme et de la « démocratie participative », Leïla Thominiaux sera titulaire aux côtés du maire d’Ancenis Rémy Orhon. D’un point de vue professionnel, cette femme de 30 ans est directrice de l’aménagement du territoire sur la commune nouvelle d’Orée-d’Anjou (Maine-et-Loire). Sa remplaçante sera Florence Dutordoir, adjointe au maire de Montrelais (Loire-Atlantique) et commerçante à Loireauxence, la commune que dirige Christine Blanchet.

Interrogée par Mediacités, cette dernière se dit « évidemment déçue » par le jugement du tribunal administratif de Nantes, qui a confirmé que son emploi de fonctionnaire à la Draaf était incompatible avec sa candidature. « Si la question était de savoir si je connais les viticulteurs du pays d’Ancenis, la réponse est non : dans mon métier, on ne parle jamais de cas individuels, nos interlocuteurs sont les interprofessions », déplore Christine Blanchet. Reste que le jugement est « insusceptible d’appel », lui a fait savoir le tribunal administratif, c’est-à-dire qu’il n’est possible ni d’en faire appel ni d’introduire un pourvoi devant le Conseil d’État. La maire de Loireauxence, en revanche, n’exclut pas de déposer à son tour un recours si le Département venait à basculer à droite « pour un canton près, et surtout si c’est le nôtre ».

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