Capture de la carte publiée sur le site de l'UFC Que Choisir.

Satisfaisante à Nantes, la qualité de l’eau potable reste médiocre dans certaines zones de Loire-Atlantique exposées aux pesticides

C’est un coin de la Loire-Atlantique qui n’est pas inconnu des lecteurs de Mediacités. Il y a quelques mois, dans le cadre de la longue série que nous consacrions aux problèmes posés par les pesticides, nous vous avions emmené au nord du département, du côté de Massérac, de Guéméné-Penfao et de Nort-sur-Erdre. Là, nous avions rencontré des maires pas franchement « écolo-bobo » mais qui, malgré les pressions et les « coups à prendre », se battent contre les utilisateurs de pesticides afin d’améliorer la qualité de l’eau potable dans leur commune. Un combat mené pied à pied, captage après captage, pour lutter contre cette pollution qui menace la santé de leurs habitants.

Il y a quelques jours, la publication d’une enquête nationale sur la qualité de l’eau du robinet dans les 34 638 communes de France métropolitaine vient, une fois de plus, leur donner tristement raison. Si, globalement, la Loire-Atlantique se tire plutôt bien de cette étude, menée conjointement par l’UFC Que Choisir et l’association Générations Futures, une petite quinzaine de communes sont néanmoins pointées du doigt. Lesquelles ? Vous l’aurez déjà deviné : Masserac, Guéméné-Penfao, Nort-sur-Erdre et plusieurs de leurs proches voisines. Là, la qualité de l’eau du robinet est jugée « médiocre », en raison – à chaque fois – des polluants agricoles, et notamment des pesticides.

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Capture de la carte publiée sur le site de l'UFC Que Choisir.

Des analyses toujours trop partielles

Au delà de la confirmation de ces points noirs, l’étude accorde un satisfecit au reste du département. Globalement, la qualité de l’eau y est jugée plutôt bonne, ville de Nantes comprise. On y apprend également que la Loire-Atlantique se trouve au-dessus de la moyenne nationale en matière d’analyse des pesticides. 297 molécules de pesticides et dérivés (les fameux métabolites dont nous vous parlions en janvier) y sont recherchées, en moyenne, contre 200 dans le reste de la Métropole. Certes, c’est loin des 750 molécules susceptibles d’être retrouvées dans l’eau et des 609 recherchées en moyenne dans le département du Var. Mais c’est nettement mieux que dans le Rhône (48) ou dans l’Aisne (12, seulement !).

Mieux, mais encore insuffisant, comme le soulignaient les élus interrogés dans notre enquête de janvier dernier. « Maintenant on veut savoir tout ce qu’il y a dans l’eau. Absolument tout ! Et on va chercher tout ce qui est cherchable pour que tout le monde sache », nous expliquait alors Fabrice Sanchez, le maire de Massérac. Il y a encore du boulot.


Retrouvez tous nos articles consacrés au problème
des pesticides en Loire-Atlantique

https://www.mediacites.fr/nantes/pesticides-en-loire-atlantique-de-lomerta-au-grand-debat/
 

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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