Grande maquette de l'arbre aux hérons / Photo: Patrick Janicek - Flickr - Creative Commons

Coût de l’Arbre aux hérons : Johanna Rolland promet la « transparence » pour début juillet

« Les bonnes idées d’il y a vingt ans ne sont pas les bonnes idées d’aujourd’hui ». Elle a beau appartenir à la même majorité que Johanna Rolland, Mahel Coppey tape fort. Mardi 29 juin, lors du conseil métropolitain, la vice-présidente EELV de la Métropole tient dans son collimateur une délibération consacrée aux Machines de l’ile (lire nos enquêtes consacrées à la curieuse mécanique de cette institution nantaise). Il y est question de l’entretien de l’une de leurs attractions, le Carrousel des mondes marins, mais aussi de l’entrée au patrimoine de la ville d’une partie du « bestiaire de l’arbre aux hérons ». En clair, des animaux mécaniques devant, s’il voit le jour, peupler les branches de cette sculpture de 35 mètres de haut, censée sortir de terre sur le site de l’ancienne carrière Miséry.

Pour les écolos, c’est une nouvelle occasion de rappeler leur opposition à ce projet, inscrite dans le texte scellant l’union entre leur liste et celle de la maire de Nantes lors des dernières municipales. « Les sommes sont si importantes, il serait irresponsable de continuer ainsi, poursuit Mahel Coppey. On pourrait, avec cet argent, construire six nouvelles crèches, 250 logements sociaux, déployer 160 km de pistes cyclables… L’Arbre aux hérons est-il une priorité ? » La question est posée et immédiatement balayée par Fabrice Roussel : « faire des choix, ce n’est pas renoncer à la culture ni à l’attractivité du territoire », lance le maire (PS) de La Chapelle-sur-Erdre et vice président de Nantes Métropole.

Mahel Coppey, vice-presidente EELV chargee des dechets (c) Thibault Dumas
Mahel Coppey, vice-présidente (EELV) de Nantes Métropole, chargée des déchets / Photo : Thibault Dumas

Estimation tardive, surcoût inestimable

Mais pour faire des choix, encore faut-il savoir de quoi on parle. Et de combien. Depuis son lancement il y a plus de dix ans, l’Arbre aux hérons peine à émerger du brouillard. Sur son coût notamment. Annoncé au départ à 35 millions d’euros, estimé mardi à 40 millions par Mahel Coppey, il pourrait revenir encore plus cher, tout particulièrement si l’on compte les nombreuses rallonges ou frais annexes déjà accordés au projet. Des exemples ? Pour ne citer que les plus récents, la Métropole a accordé 1,5 millions d’euros à la Compagnie La Machine pour de nouvelles enquêtes en septembre 2019, avant de lancer plusieurs recrutements pour suivre le dossier en septembre 2020, ou encore, d’accorder 611 000 autres euros pour la réalisation de quatre bêtes mécaniques, en avril dernier...

Une accumulation de décisions qui a le don d’hérisser l’opposition. « Nous n'avons toujours pas de chiffres précis. Qui construirait une maison sans plan de financement ? », s’interroge Laurence Garnier, conseillère métropolitaine (LR) de Nantes et ancienne candidate aux municipales. « Tant que nous n'avons pas d'éléments financiers clairs, nous nous abstenons », confie de son côté à Mediacités, le maire de Basse-Goulaine, Alain Vey.

Branche temoin arbre aux herons
La branche témoin de l'arbre aux hérons sur l'île de Nantes - Photo/ Flickr - Jean-Pierre Dalbéra

Les promesses de Johanna Rolland

Ils seront peut-être bientôt fixés. Mardi, à défaut de chiffres précis, Johanna Rolland a promis une « méthode » et de la « transparence ». Concrètement, cela devrait passer par la présentation de l’œuvre et des données financières aux maires de la Métropole le 9 juillet. Puis par la constitution en septembre d’un « groupe politique transpartisan » chargé d’examiner « sereinement et tranquillement, chacune des positions », avant un vote du conseil métropolitain.

Neuf jours à attendre pour avoir une petite idée de ce que coûtera l’Arbre aux hérons… Après une dizaine d'années d’incertitude, ce n’est plus grand chose à attendre. Restera à déterminer ce que vaudra cette évaluation dans le temps. Avec la Compagnie la machine et ses engins, les municipalités ne sont jamais à l’abri des mauvaises surprises, comme l’ont montré les enquêtes de Mediacités à Nantes mais aussi à La Roche-sur-Yon, Toulouse ou encore à Calais. Et les factures de ces splendides mais fragiles machines ne sont pas soldés avec leur construction. Mardi, les élus métropolitains ont voté une enveloppe pour l’entretien décennal du Carrousel des Machines de l’île. Son montant ? 915 000 euros.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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