Artificialisation des sols et politique foncière : l’étonnant revirement de Nantes Métropole

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En Loire-Atlantique, le grignotage des terres continue. Ici, un curieux lotissement d’Orvault. / Image : Google Earth

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Temps de lecture : 4 minutes

Par Thibault Dumas

18 mois après l'avoir quitté pour éviter d'acquitter une taxe, la Métropole de Nantes devrait faire son retour au sein de l’Établissement public foncier de Loire-Atlantique. Une bonne nouvelle pour la lutte contre la bétonisation et « l’alliance des territoires », mais un aller-retour qui interroge et laisse des traces.

« L’alliance des territoires », soit une meilleure coopération entre les zones les plus denses de l’agglomération nantaise, les communes périurbaines et le monde rural... Depuis plusieurs années, voilà la solution politique que met en avant la maire PS de Nantes, Johanna Rolland, afin d’assurer un développement plus harmonieux d’un territoire soumis à de fortes pressions démographiques, foncières et environnementales. Sur le papier et dans un département qui, entre 2009 et 2018, a englouti sous béton et bitume 5 600 hectares de terres naturelles et agricoles (soit près de 8000 terrains de football), l’idée semble plutôt censée. Dans la pratique, elle se heurte parfois à de curieuses décisions politiques.

C’est ce qu’illustre l’étonnant revirement qu’est en train d’opérer la Métropole de Nantes. Les 29 et 30 juin, lors du prochain conseil métropolitain, les élus voteront une délibération visant à faire entrer la collectivité au sein de l’Établissement foncier public de Loire-Atlantique (EPFLA). Ou plutôt à la faire ré-entrer… Car jusqu’au 11 décembre 2020, Nantes Métropole faisait bien partie de cet organisme chargé de constituer des réserves foncières et de lutter « contre la spéculation » et « la consommation d’espaces agricoles et naturels ». Bref, d'être le véritable bras armé de cette fameuse « alliance des territoires ».

Mais ce jour-là, à l’issue d’un vote tendu
Discorde majoritaire
En décembre 2020, la décision de quitter l'EPFLA divise la majorité métropolitaine. La délibération recueille 50 voix pour . . .

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