Piqué par les critiques dénonçant la sur-représentation des petites communes au conseil de la métropole européenne de Lille, Eric Skyronka n’a pas hésité à affirmer que son groupe politique, en majorité composé d’élus de ces mêmes petites communes, représentait la moitié des habitants de la métropole. Mais sa démonstration est plutôt folklorique.
Eric Skyronka, le président de la Métropole européenne de Lille, réélu le 10 avril, n’aime pas que l’on critique la représentativité de son groupe Métropole Passions Communes. Celui‐ci dispose en effet de 83 élus sur 188, ce qui en fait le pivot de la majorité à la MEL. Mais ce poids est en grande partie favorisé par un mode de scrutin qui veut que toutes les villes comptent au moins un représentant, quel que soit le nombre d’habitants. Or le groupe MPC rassemble des élus issus de 69 communes sur les 95 de MEL, dont une quarantaine de villages de moins de 3500 habitants.
La conséquence évidente, soulignée depuis longtemps par des politologues, est une distorsion de la représentation. Avec 34 sièges communautaires, la ville de Lille dispose en effet d’un conseiller pour 7020 habitants quand Warneton, plus petite commune de la MEL, dispose d’un siège pour 233 habitants. Ce qui n’empêche pas Eric Skyronka de contester la pertinence d’un tel ratio.
« Quand je prends la totalité des communes, on représente 600 000 habitants, a‑t‐il affirmé, sitôt le Conseil métropolitain installé, à la Voix du Nord. On est toujours en train de critiquer mon ami maire de Warneton . Eh bien non, on représente 600 000 habitants. » Pas convaincu, le quotidien régional a préféré vérifier par …