La sérénité fera-t-elle son retour à l'école Pasteur ? A la mi-janvier, les enseignants ont en tout cas reçu ce qu'ils considèrent comme une bonne nouvelle : le remplacement de l'inspectrice dont ils dénonçaient une forme de harcèlement moral. Une tendance à l’autoritarisme signalée dans d’autres écoles de la circonscription de Lille-Lambersart et lors d’une précédente affectation de la fonctionnaire, il y a une dizaine d'années, à Saint-Amand-Les-Eaux, comme Mediacités a pu en rendre compte ici et là. Or cette inspectrice est en arrêt-maladie, sans date de retour. Une information révélée par La Voix du Nord et que nous a confirmée le directeur académique des services de l’Éducation Nationale (Dasen) du Nord, Jean-Yves Bessol.

https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2020/12/11/a-lambersart-des-instits-en-souffrance-face-au-harcelement-de-leur-inspectrice/

Suspension d'un enseignant

Malgré l'arrivée d'une remplaçante, le climat reste délétère au sein de l'école. Pour preuve, 70 % des instituteurs de l'école sont, à ce jour, en arrêt. Soit près du double qu'au moment où nous avons publié notre première enquête… Au-delà du comportement de l'inspectrice, c'est le lien de confiance avec la hiérarchie académique qui est rompu. Les enseignants lui reprochent d’avoir trop longtemps permis à l'inspectrice d'agir impunément. Et, plus récemment, d’avoir prononcé une sanction disciplinaire à l'encontre d’un de leurs collègues sans apporter d'éléments pouvant la justifier.

Le 8 janvier, cet enseignant a été suspendu pour 4 mois - sans versement de son salaire -, après des accusations touchant à son comportement. « La décision été prise au regard des faits reprochés », explique laconiquement Jean-Yves Bessol, qui « ne souhaite pas s'étendre sur le dossier ». Contacté par Mediacités, l'instituteur sanctionné n'a pas souhaité réagir. Tout juste nous informe-t-il « préparer un recours contre cette décision qui ne s’appuie sur aucun élément concret ». « Le dossier contre lui était vide. Il n'y avait que son relevé de carrière », confirme stupéfaite Annabelle Soumet, déléguée syndicale au SIUPP, et présente lors du conseil disciplinaire le 8 janvier... « L'administration assure avoir statué à l'appui de témoignages accablants pour l'instituteur, poursuit la syndicaliste. Mais elle n'a pas été en mesure de les présenter. L'accusé n'avait rien sur quoi se défendre. » Les syndicats ont formulé une demande de révision de la sanction à l'attention de Jean-Yves Bessol.

Visite du Dasen

En attendant l’épilogue de ce dossier, la tension demeure donc toujours très vive à l'école Pasteur. Sans compter que les parents d’élèves, mobilisés depuis la fin de l’année dernière, ne relâchent pas la pression. Certains ont lancé une pétition publique à l'attention de la rectrice, du Dasen ainsi que du maire de Lambersart « pour que la situation de souffrance à l'école Pasteur soit enfin reconnue et prise en compte ».

Jean-Yves Bessol le sait : restaurer un climat de confiance ne sera pas facile. En signe d’apaisement, il a décidé de lever l'enquête administrative lancée en février 2020 à l’encontre de l'intégralité de l'équipe enseignante de Pasteur, en pointe dans la dénonciation de l’inspectrice de circonscription. « C'est un message pour leur montrer que je souhaite qu'on reparte de l'avant tous ensemble. Je compte me rendre à l'école dans une quinzaine de jours afin d'aller à la rencontre des enseignants, tout en sachant à l'avance que j'aurai face à moi des personnes touchées et meurtries. J'espère qu'on pourra enfin trouver des solutions. C'est également dans cette optique que j'ai demandé la poursuite de l'enquête du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) chargé d’évaluer la souffrance de l’équipe enseignante. J'attends beaucoup de ses préconisations. »