Alors qu’un nouveau conseil municipal doit se tenir ce lundi à Treillières, le maire (centre droit) de la commune du nord de Nantes, Alain Royer vient d’être purement et simplement éjecté de son fauteuil de conseiller communautaire. C’est le président la Communauté de communes d’Erdre-et-Gesvre (CCEG), Yvon Lerat, lui même élu de Treillières , qui l’annonce dans un communiqué. « En analysant l’impact produit sur la CCEG de cette situation découlant d’un problème interne à la gouvernance de sa commune, je lui ai demandé de prendre ses responsabilités. (…) celui-ci, à l’issue de cette discussion, m’a remis sa démission en tant que conseiller communautaire ».

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Suite aux révélations de Mediacités et à notre série d’enquêtes menées depuis plus d’un an (voir ci-dessous), la position d’Alain Royer était de plus en plus fragile. Déjà lâché par bon nombre de ses adjoints au sein de la municipalité, il avait été pris à partie par certains de ses collègues élus lors du dernier conseil communautaire de la CCEG, le 22 septembre. Toutes tendances politiques confondues, plusieurs maires avaient dénoncé ses mensonges, et expliqué que les affaires touchant sa commune empêchaient l’intercommunalité de fonctionner « dans un climat de confiance ».

Démissionnaire de son poste de conseiller communautaire, Alain Royer a indiqué dans un communiqué envoyé mardi après-midi qu'il conserverait en revanche son fauteuil de maire de Treillières. « Après les différentes attaques dont j’ai fait personnellement l’objet dans le cadre de mes fonctions à la CCEG et ce depuis plusieurs jours, j’ai pris la décision de me préserver et de ne pas exposer plus encore ma famille, écrit-il. J’ai donc décidé, seul, de me retirer du conseil communautaire afin de me consacrer pleinement à la conduite des affaires de ma commune. »

Une décision qui ne satisfait évidemment pas le groupe d'opposition à Treillières. Lors du conseil municipal qui s'est tenu lundi soir, 27 septembre, l'opposition a appelé Alain Royer à la démission. « Ayez enfin un peu de pudeur, de sens de l’honneur et quittez vos fonctions de maire », l’exhortait ainsi son chef de file, Emmanuel Renoux. Fin de non recevoir du principal intéressé : « J'ai un contrat de six années avec la population, je reste ».


Plus d'une année d'enquête : retrouvez l'ensemble de nos révélations sur la mairie de Treillières

 

Mise à jour du 28 septembre à 11 heures : Ajout du communiqué d'Alain Royer et des déclarations lors du conseil municipal du 27 septembre au soir.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.