C’est l’histoire d’un raté qui s’éternise… En avril 2007, la Direction générale de la Santé (DGS), l’Inserm, et l’Institut de veille sanitaire – devenu l’agence Santé Publique France en 2016 – sortaient tambours et trompettes pour lancer la « généralisation de la transmission électronique des certificats de décès ». L'événement ramenait – déjà – quatre ans en arrière, à la canicule d’août 2003 et ses 14 800 morts « en excès », que personne n’avait vu venir. En tout cas, pas les pouvoirs publics.

Les avantages de la certification électronique des décès sont alors présentés comme une ode au bon sens : diminution des délais de production des statistiques de mortalité, mise à disposition quasi immédiate des causes de décès auprès des services en charge de la veille sanitaire... Bref, un outil idéal pour voir émerger une hausse de morts inattendue et organiser la riposte sanitaire, face à un phénomène tel qu’une canicule, donc, ou une épidémie. Treize ans plus tard, pourtant, la (première ?) vague de Covid-19 est passée et toujours pas de généralisation. 

Le pays en est même encore très loin. Selon Anne Fouillet, biostatisticienne à la Direction Appui, Traitements et Analyse de données de Santé publique France, seuls un quart (25%) des 610 000 décès annuels seraient aujourd’hui certifiés de façon électronique. Contre, par exemple, 76,6% aux Etats-Unis (chiffre 2014) ou 100% au Portugal. Et si l’épidémie de coronavirus a permis d’améliorer un peu ces résultats, la généralisation promise en 2007 est encore un lointain objectif : sur les 28 940 décès liés au Covid-19, recensés au 2 juin, seuls 10 790 ont été déclarés électroniquement. Soit 37% du total. De quoi satisfaire la scientifique ? Pas vraiment.           

« Si la certification électronique des décès avait été généralisée avant l’épidémie, la surveillance de la mortalité aurait été très nettement améliorée, confie-t-elle à Mediacités. Les . . .

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