A Lille, la politique n’a jamais été tendre envers Christophe Itier. En 22 ans de militantisme, l’ancien directeur général de La Sauvegarde du Nord, l’une des plus importantes associations de protection de l'enfance du département, n’a pas réussi à s’élever dans le PS lillois. Et il a échoué - contre toutes attentes - à devenir député En Marche ! sur la 1ere circonscription du Nord, alors que la vague Macron portait de parfaits inconnus à l’Assemblée. Il avait pourtant organisé très tôt le mouvement dans le département. Blessé dans son amour propre, l’homme a mis du temps à s’en remettre. Mais il est du genre persévérant. Consolé par un poste de quasi ministre – il a été nommé Haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire (ESS) par la grâce d’Emmanuel Macron -, il garde intactes ses ambitions locales.

« Au jour d’aujourd’hui, je ne suis pas candidat aux municipales à Lille, répondait-il avec gourmandise à Mediacités début février. Mais ce que devient ce territoire est un enjeu pour notre mouvement. Or Martine Aubry a des positions clivantes et extrêmement violentes. Le temps n’est plus à çà. Je vais essayer de créer les conditions d’un rassemblement le plus large possible. » Difficile d’être plus clair sur les ambitions… Christophe Itier, pivot d’un rassemblement ? L’idée fait grincer des dents au PS où beaucoup le considèrent comme un traître doublé d’un opportuniste. De fait, dans sa course au pouvoir, le Haut- commissaire a souvent changé de monture et de mentor. Souvent très brutalement. Et ce, dès ses premiers pas dans l’arène politique que Mediacités a retracés méticuleusement.
Etape 1 : Ronchin et l’ami sacrifié
Etudiant en licence de maths-info à Lille à la fin des années 1980, Christophe Itier se lie d’amitié avec un certain Jérôme Laignel, dont le père, Michel, n’est autre que le maire (PS) de Ronchin. Cette relation quasi-fraternelle lui vaut d’obtenir son rond de serviette à la table familiale. Elle lui permet aussi de décrocher son premier job, en 1992. A l’issue d’un DEA d’économie industrielle et de management des ressources humaines, il se voit offrir un poste au service jeunesse de la mairie de Ronchin. Comme chargé de mission, puis comme directeur. Un joli . . .

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