Quatre policiers dans chacun des 84 quartiers de la commune et vingt permanences réparties sur le territoire, c’est la double mesure formulée par François Piquemal dans la perspective des municipales 2026, à Toulouse.
Peut‐être parce qu’elle reprend en partie une promesse de campagne abandonnée par Jean‐Luc Moudenc, l’annonce, formulée dans un tweet du 25 octobre 2025, puis reprise dans le programme du candidat de la liste Demain Toulouse, a fait réagir l’équipe de Jean‐Luc Moudenc. Dans une vidéo, Emilion Esnault, actuel adjoint à la sécurité, estime irréaliste cette promesse, chiffres à l’appui.
91 policiers disponibles par tranche de huit heures
Si l’actuelle majorité de droite ambitionne de disposer de 430 policiers municipaux en 2026, il n’y a que 390 au dernier décompte. Ceux‐ci sont répartis à effectif égal entre des brigades territorialisées, affectées à un secteur précis, et des brigades d’appui, qui interviennent sur l’ensemble de la ville.
Selon Emilion Esnault, on peut estimer qu’environ 30 % d’entre eux sont en congés, blessés ou en formation, ce qui en laisse 273 en service chaque jour. Leurs emplois du temps étant organisés en trois‐huit pour que la police municipale soit présente 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans la commune, l’effectif disponible pour chaque tranche de huit heures s’élève à 91 agents de police. Il est donc impossible dans ces conditions de disposer de quatre agents chaque jour dans les 84 quartiers toulousains.
Une réorganisation complète
Ce que ne sait pas Emilion Esnault au moment où il critique son adversaire, c’est que François Piquemal ne prévoit pas de maintenir la philosophie sécuritaire de l’actuelle police municipale. « Son cœur de métier est d’assurer une tranquillité publique », rappelle Carole Juncal, ancienne commandante de police inscrite, à la 32e place sur la liste. Convertis en policiers de proximité, les agents se concentreront sur la « prévention, la connaissance du secteur et éventuellement l’information », précise‐t‐elle.
Ces nouvelles missions permettent une nouvelle organisation. La présence 24 heures sur 24 n’est plus nécessaire, car cela relève de la police nationale, selon Demain Toulouse. Les policiers travailleront désormais à des horaires de bureaux, même si la commandante retraitée ne met aucun veto à la mise en place d’une permanence d’une « dizaine de fonctionnaires » pour intervenir le reste du temps.
3,5 policiers par quartier
Plus pensés comme une force de médiation que d’interpellation, les policiers municipaux ne seraient plus assujettis à la règle de « trois agents par patrouille » appliquée par l’actuelle municipalité. De quoi permettre plus de souplesse dans la gestion des effectifs.
Puisque la liste Demain Toulouse ne prévoit pas d’augmenter le budget de la police municipale, elle table sur un effectif de 430 agents en 2026. En déduisant les absences détaillées précédemment, 300 policiers seraient donc disponibles sur le terrain tous les jours. Cela permettrait d’affecter 3,5 policiers par quartier, huit heures par jour, soit légèrement en deçà de l’objectif annoncé.
Ces agents seront‐ils chargés de tenir les vingt permanences promises ? La question reste à trancher. Celles‐ci ne seront en tous cas « pas ouvertes tous les jours », selon Ariane Laude, co‐directrice de campagne de François Piquemal, et auront lieu « dans des locaux municipaux déjà existants ».
Un partenariat Mediacités – Science Po Toulouse
Dans le cadre d’un partenariat entre Mediacités et l’Institut de sciences politiques Science Po Toulouse, des étudiants en journalisme vont vérifier certaines promesses des candidats et leurs propagandes électorales. S’il a été encadré par notre rédaction, il n’a pas fait l’objet d’une rémunération de ses auteurs de la part de notre journal, raison pour laquelle nous avons décidé de laisser sa lecture en accès‐libre. Ces articles seront accessibles tout au long de la campagne électorale à l’ensemble de nos lecteurs et lectrices, abonnés ou non.
Rien à voir avec les articles, juste vous signaler mon etonnement de voir le bulletin municipal de saint orens de gameville afficher le nom du maire en bandeau en 1ere page avec la mention 2026.……et surtout la derniere qui est clairement de la propagande electorzle aix frais du contribuable et 1 coupon pour donner de l argent à la candidate et sa liste. Moidenc n a pas osé aller jusque là !
Merci pour cet article. Il serait intéressant des comparer les missions suivant les candidats tout en précisant le pouvoir réel des policiers municipaux
exemple des missions :
Médiation / Prévention / application code de la route / Amende stationnement / amende prostitution / sécurité jour / sécurité nuit / ilotage dans les quartiers de Toulouse (et lesquels)…
En effet, aujourd’hui à ce que je constate sur Croix Daurade, de ma petite fenêtre, je ne les vois jamais. les incivilités existent pourtant, comme ailleurs.
De mon point de vue, la police municipale est présente principalement en centre ville sur des aspects sécurité et pour les amendes de stationnement.