Actuellement, 390 policiers municipaux ont la charge de l’ensemble de la population toulousaine, estimée à près de 514 000 habitants par les derniers chiffres de l’Insee en 2023. François Briançon, candidat à la mairie de Toulouse pour la liste de la Gauche Unie, veut faire passer le ratio actuel d’environ 1 policier pour 1 385 habitants à 1 policier pour 1 000 habitants, arguant que les « avancées humaines et technologiques [du dernier mandat de Jean‐Luc Moudenc] n’ont pas produit les résultats qu’on attendait ».
Pour établir une police de proximité s’appuyant « sur des moyens humains plutôt que technologiques », l’équipe de la Gauche Unie prévoit donc de recruter entre 100 et 150 agents supplémentaires d’ici la fin du prochain mandat. Ces embauches ne seront pas forcément « directes » précise le candidat. Il pourrait s’agir de « réaffectation de poste » au sein de la collectivité.
540 policiers municipaux à la fin du mandat
Cela porterait en tous cas l’effectif de la police municipale à un maximum de 540 agents. De quoi accompagner la croissance démographique de la commune durant les prochaines années. C’est plus que ce que propose le maire sortant. Celui‐ci a promis de porter les effectifs de la police municipale à 500 agents armés, selon nos consœurs de L’Opinion indépendante.
L’enveloppe nécessaire au recrutement envisagé par François Briançon est encore en cours de chiffrage. Selon une estimation de l’institut Montaigne en 2020, le coût moyen annuel d’un policier municipal s’élevait à environ 55 000 euros. Le recrutement de 150 agents nécessiterait donc une enveloppe d’un peu plus de 8,2 millions d’euros par an. Au total, la police municipale coûterait donc au minium 29,7 millions d’euros par an, rien qu’en salaires.
Nuances avec le projet LFI
La Gauche Unie, comme la liste Demain Toulouse (LFI et ses alliés), considère qu’il est important de différencier les missions de la police nationale, chargée de la sécurité des habitants, de celle de la police municipale, responsable de la tranquillité publique. Le candidat socialiste veut donc mettre en place « une police plus au contact de la population », patrouillant à pied plutôt qu’en véhicule et davantage territorialisée dans l’ensemble des quartiers.
Pour autant, le chef de file de la Gauche Unie « ne veut pas remettre en cause la présence de la police municipale la nuit » et garantir un service municipal continu. La France Insoumise, elle, souhaite concentrer ses effectifs sur des horaires de journée.
Autre divergence : l’armement des agents. Même s’il répète que la police municipale « n’est pas là pour remplir les missions de la police nationale », François Briançon ne remet pas non plus en cause le port d’une arme à feu par les agents, contrairement à son concurrent François Piquemal.
Enfin, pour garantir une plus grande présence sur le terrain, François Briançon prévoit de réorganiser les déplacements des agents. Actuellement, la prise de poste des policiers a lieu dans le centre de police à Basso Cambo. Cette localisation excentrée entraîne une perte de temps dans les transports à laquelle François Briançon promet de remédier. La question du « comment » reste entière à ce stade.
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