Alors que Jean‐Luc Moudenc a de nouveau demandé au gouvernement, ce jeudi 8 octobre, des moyens accrus pour mettre fin aux règlements de comptes meurtriers sur fond de trafic de drogue et d’armes, l’opposition municipale réclame un plan d’action plus précis.
Le groupe Vivre Mieux, réunissant des élus socialistes, écologistes, communistes, Génération.s et et Archipel citoyen, sollicite l’organisation d’un conseil municipal extraordinaire consacré au narcotrafic. L’objectif : faire le point sur ce fléau, et mettre en place « un véritable plan de sursaut » comportant des mesures de sécurité, de justice et de prévention sociales et sanitaires.
Même revendication du côté de Demain Toulouse, qui réclame, avec une petite nuance formelle, la constitution d’une « commission extra‐municipale », composée « de l’ensemble des groupes politiques du conseil municipal, de représentant·es des associations et de la société civile, d’expert·es et de personnalités qualifiées, des services publics compétents ».
Des moyens financiers en berne
Qui dit plan d’action, dit moyens financiers pour le mettre en œuvre. Or, sur ce point‐là, le groupe rassemblant LFI, l’Assemblée des quartiers et le NPA, s’inquiète des ponctions prévues parle gouvernement : entre 20 et 30 millions d’euros pour la commune et 30 à 40 millions d’euros à Toulouse métropole. Demain Toulouse dénonce à ce sujet le « numéro d’équilibriste » du maire de Toulouse face à ces baisses de dotations votées par des membres de la majorité, comme le député Horizons Jean‐François Portarrieu, président du groupe majoritaire à Toulouse métropole (TM). Les élus insoumis s’interrogent par ailleurs sur l’endettement de TM, où un encours de dette de 200 millions d’euros serait apparu dans les budgets.
Ce manque de moyens devrait compliquer la mise en place d’une autre mesure, demandée par les écologistes du groupe Vivre Mieux. Pour faire face à la multiplication des nuits tropicales d’ici 2050, ils demandent le lancement d’une campagne de recensement des logements considérés comme des bouilloires thermiques à Toulouse. Mais aussi d’études pour accompagner les propriétaires dans les travaux nécessaires, grâce à la constitution d’une enveloppe financière dédiée.
Parlement écologique municipal
Dans ce domaine, le groupe Vivre Mieux réclame la création d’un parlement écologique municipal, rassemblant élus, habitants tirés au sort, jeunes, associations, syndicats et scientifiques. Celui‐ci serait « chargé de co‐construire et d’évaluer chaque année le plan d’adaptation de Toulouse aux vagues de chaleur (îlots de fraîcheur, végétalisation, rénovation des écoles et logements), avec un droit de saisine du conseil municipal et
un suivi public des engagements ».
Cet organe démocratique pourrait aussi se pencher sur la question de l’avenir industriel du site d’AZF. Moins d’un mois après la commémoration de l’accident industriel, le groupe d’opposition demande au Conseil municipal de « s’engager à respecter la promesse faite aux Toulousain‐es, il y a 25 ans », à savoir de ne pas y installer de nouvelles usines et de refuser la relance d’activités chimiques dangereuses sur l’île du Ramier. En conséquence, ils demandent de la mairie de faire pression sur l’État pour trouver un site alternatif pour l’implantation de l’usine Ipsophène, et de refuser l’implantation de nouvelles activités sur le site Ariane Group.
En écho à l’actualité, l’opposition LFI demande au conseil municipal de soutenir le mouvement lycéen. Un soutien qui passerait par une demande officielle au gouvernement de mettre fin aux suppressions de postes, d’accorder plus de moyens à l’Éducation nationale, et de supprimer Parcoursup.
Enfin, le même groupe s’oppose à la venue de Guillaume Pley au Zénith de Toulouse, ce vendredi 9 octobre. L’animateur et producteur de l’émission Légend est en effet accusé d’avoir échangé des messages à caractère sexuel avec des mineures. LFI demande à Jean‐Luc Moudenc de négocier l’annulation de cet évènement avec le gestionnaire du Zénith. Plus encore, le groupe demande de « modifier le règlement de la salle du Zénith de sorte à interdire la venue de personnes condamnées pour propos racistes ou pour violences sexistes et sexuelles ».
Autant de voeux, qui ont peu de chance d’aboutir, vu les relations exécrables qu’entretient la majorité de droite avec ses opposants de gauche.
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