Capture d'écran Twitter

La ville de Lyon a-t-elle installé un bac à fleurs sur une place de stationnement pour handicapés ? 

Question de Thomas à Mediacités : « La ville de Lyon a-t-elle supprimé une place de stationnement pour personnes handicapées pour y mettre un bac à fleurs ? »

Bonjour Thomas,

Merci pour votre question qui rappelle la fameuse affaire des « gérardinières » du nom des bacs à fleurs installés sur une piste cyclable rue du Président Edouard Herriot sous le mandat de Gérard Collomb, rapidement retirés face à la bronca générale.

Les élus écologistes l’ont appris à leurs dépens ces derniers mois : leurs faits et gestes sont scrutés, notamment sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs sur Twitter qu’est née cette nouvelle mini-polémique. Un certain Jean-Philippe Larger, qui se présente comme de passage sur Lyon pour des raisons professionnelles, s’est indigné, lundi 21 septembre, de l’installation d’un bac à plantations en lieu et place d’un stationnement pour personne à mobilité réduite (PMR), au 86 rue du Dauphiné (Lyon 3e), photo et smileys fâchés à l’appui :

Ce message, relayé plus de 870 fois à l’heure où nous écrivons, a aussitôt suscité une volée de commentaires acerbes sur les « idées farfelues » des écologistes ou même sur « la chasse aux handicapés » à laquelle se livrerait la collectivité. Le député MoDem Cyrille Isaac-Sibille, bien connu des lecteurs de Mediacités (lire ici ou ), a aussi emboîté le pas aux internautes en partageant le tweet, accompagné de ce commentaire : « Incompréhensible ! ». Sa publication a été supprimée peu de temps après, mais a été capturée par des internautes.

Que s’est-il passé au juste ? Première précision, la place, objet du courroux numérique, ne se situait pas rue du Dauphiné, mais rue David, une voie perpendiculaire, comme on peut le constater sur Google Street View. Elle a belle et bien été remplacée par un gros bac en bois, destiné à accueillir des arbres, comme le confirme Margot Sanchez, l’adjointe à la voirie de la mairie du 3e arrondissement, jointe par Mediacités.

Une place provisoire pour réparer une « erreur » ?

Or, comme l’ont rappelé plusieurs promoteurs du vélo sur Twitter, la loi LOM de 2019 prévoit de supprimer progressivement les places de stationnement situées à moins de cinq mètres d’un passage piéton, afin de les rendre plus visibles et de mieux protéger les passants. « Dans tous les cas, cette place n’était plus aux normes, notamment à cause du trottoir qui est trop élevé à cet endroit », confirme Margot Sanchez.

L’adjointe au maire du 3e concède toutefois une « erreur » : selon les plans initiaux, la jardinière devait être installée un peu plus loin, pour laisser la place PMR le temps d’en construire une autre aux normes. Elle affirme s’en être rendue compte jeudi 17 septembre, lors d’une visite de terrain dans le cadre du projet de réaménagement de l’esplanade Dauphiné-Lacassagne, soit avant la publication des messages sur Twitter. « Ce sont des travaux qui ont été décidés sous la précédente mandature, et qui auraient dû avoir lieu pendant le confinement », précise-t-elle.

Selon l’élue, deux solutions sont envisagées pour résoudre ce « dysfonctionnement » : le bac fautif pourrait être déplacé pour restituer l’actuelle place PMR ; ou bien une nouvelle place PMR « provisoire » sera installée à proximité, en attendant de pouvoir en créer une répondant aux normes en vigueur (largeur de la place, hauteur du trottoir…).

Beaucoup de bruit pour rien donc ? « C’est quand même pas l’affaire du siècle », souffle Margot Sanchez. « On est attendus au tournant, mais l’accessibilité pour les personnes handicapées est prioritaire dans ma feuille de route, devant le vélo ! C’est un peu frustrant, cette notoriété sur les réseaux sociaux n’est pas facile à gérer, mais il faut continuer à expliquer nos actions », poursuit l’adjointe.

Mathieu Périsse

Mathieu Périsse
Mathieu Périsse collabore avec Mediacités Lyon depuis juin 2017, convaincu de la nécessité d’une information locale indépendante et percutante. Lyonnais de naissance, il a d’abord travaillé pour la radio (Radio France, RTS), notamment lors de reportages longs-formats à l’étranger (Afghanistan, Biélorussie, Chypre, Burkina Faso…). Membre du collectif de journalistes We Report, il écrit régulièrement pour Mediapart, journal pour lequel il a enquêté pendant un an sur la pédophilie dans l’Eglise catholique (également en lien avec Cash Investigation).

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