Policiers en scooter. Image d'illustration ((Jarry/Andia.fr).

Laernoes vs Bolo : premier couac dans la majorité nantaise

« On ne peut plus sortir tranquillement le soir à Nantes »… S’il voulait rappeler à tout le monde que la sécurité faisait désormais partie de son – large - portefeuille de responsabilités, Pascal Bolo ne s’y serait pas pris autrement. Mercredi 2 septembre, répondant aux questions de Presse-Océan, l’adjoint socialiste dressait un tableau très sombre de la situation sécuritaire à Nantes. « La situation en centre-ville a atteint un niveau de dégradation inacceptable. Tout le monde connaît quelqu’un qui a été agressé, qui s’est fait arracher son collier ou voler son portable, voire pire encore… »

Une sortie qui a fait bondir les élus Verts de la majorité et occasionné le premier couac du second mandat de Johanna Rolland. Lors d’une conférence de presse de rentrée organisée hier, mercredi 9 septembre, autour de leur cheffe de file, Julie Laernoes, les écolos nantais sortaient la sulfateuse : « cette interview ne va pas dans le sens de ce que l’on a convenu dans le groupe de la majorité, notait ainsi l’ancienne candidate EELV. Avec ces propos, Pascal Bolo ne représente que lui même ».

Elle allait même encore plus loin. « Pascal Bolo a assimilé la délinquance et les migrants et ce sont des propos qui sont comparables aux propos du Front national (Rassemblement National, NDLR). C’est tout à fait contraire à notre projet et notre optique. (…) Le sujet est trop grave pour mettre à l’index une communauté, même si la ville doit participer à la lutte contre la délinquance et la répression. »

Attaqué par sa majorité, Pascal Bolo se consolera peut-être avec le soutien d’une partie de l’opposition. Quelques minutes après la conférence de presse écolo, plusieurs élus LREM volaient sur Twitter au secours de l’adjoint PS. L’ancien député Mounir Belhamiti et l’ancienne candidate Valérie Oppelt en tête.

Reste que ce désaccord, sur un sujet majeur du début de mandat, vient ternir le tableau - plutôt idyllique - que les écolos avaient auparavant dressé de l'ambiance au sein de la majorité. « Avec les élus PS, nous ne sommes plus du tout dans les mêmes rapports qu’au mandat précédent, se félicitait ainsi Julie Laernoes. Les échanges et discussions sont permanents. »Un changement d'atmosphère qui a peut-être échappé à Pascal Bolo.

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Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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