La plaque de la rue Olympe de Gouge, sur l'île de Nantes. / Capture Google street view

Féminisation des noms de rues : en quatre ans, Nantes fait mieux qu’en deux siècles

Il y a encore quatre ans, seule une petite centaine des 3 000 rues de Nantes portait le nom d’une femme, tandis qu’un bon millier arboraient un odonyme (l’appellation “certifiée Larousse” des noms propres désignant une voie de communication) masculin. Depuis le lancement d’une concertation sur la féminisation des noms de rues, le chiffre est passé à un peu plus de 200. Bien sûr, c’est encore peu. Mais c’est déjà nettement mieux.

Mieux qu’avant, d’abord, puisque, 109 voies nouvelles créées à Nantes ont été baptisées du nom d’une figure féminine depuis 2016. Soit autant que depuis le début du XIXe siècle… Ces quatre dernières années, 65 % des nouveaux odonymes nantais étaient féminins. En 2020, la proportion atteint 88 %.

Mieux qu’ailleurs, ensuite, comme on peut le découvrir à la lecture d’un article de Mediacités Toulouse consacré au phénomène. Comme le constate la journaliste Marine Mugnier, Nantes semble faire preuve de plus de volontarisme que la “ville rose”, où seulement 52 % des nouveaux noms de voies ont été attribués à des femmes cette année.

6,6 % des rues nantaises portent un nom de femme

Interrogé par notre consœur, Olivier Chateau, l’adjoint nantais chargé du patrimoine, attribue cette différence au dispositif participatif mis en place par la mairie. « En plus de les sensibiliser à la problématique, cette méthode nous a permis de créer l’adhésion des habitants », analyse-t-il en évoquant la liste de 351 personnalités féminines établies en 2016 à l’issue d’une consultation citoyenne. « Lorsque nous devons désigner de nouvelles voies, nous piochons dans cette liste autant que possible. Nous ne nous sommes pas fixé de proportion à atteindre, mais je fais le choix de privilégier les noms de femmes dès que j’en ai l’occasion. »

Sur ce dossier très symbolique, qui fait partie des revendications des associations féministes nantaises, les « occasions » (les créations de rues nouvelles) se chiffrent à une trentaine par an. Autant dire que, sans même chercher une illusoire parité, l’équilibre n’est pas prêt d’être atteint : progrès ou non, 6,6 % des rues nantaises seulement rendent aujourd’hui hommage à des personnalités féminines.


---> Lire aussi :

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Cet article concerne la promesse :
« Devenir la première ville non sexiste de France à 10 ans »
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Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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