Devant la mairie de Loireauxence, en Loire-Atlantique. / Photo : Antony Torzec

A Loireauxence, la maire n’a plus accès aux mails des élus, dont ceux de l’opposition

C’est ce que l’on appelle un “happy end” ! Fin novembre, Mediacités révélait comment Christine Blanchet, la maire fraichement élue de Loireauxence, dans le pays d’Ancenis, avait demandé – et obtenu –la possibilité d’accéder aux boites mails de ses agents, mais aussi – plus grave – à celles des élus de sa majorité et de l’opposition. Une pratique totalement illégale, comme le rappelaient à la fois la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) et l’Association des maires de Loire-Atlantique, interrogées dans notre article. Et qui suscitait un émoi certain parmi les élus et les fonctionnaires de la commune.

https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2020/11/26/en-toute-illegalite-la-maire-de-loireauxence-peut-surveiller-les-mails-des-elus-dopposition/

Pas franchement ravie de nos révélations, reprises ensuite par plusieurs confrères, la maire montait alors sur ses grands chevaux. Même si nous n’avions jamais écrit - ni sous entendu - qu’elle avait utilisé cette possibilité de lire la correspondance de ses opposants, elle parlait d’« accusations graves », allant jusqu’à évoquer d’éventuelles poursuites en diffamation, dans un communiqué. Christine Blanchet se justifiait également en expliquant que l’archaïsme du système informatique de la commune ne lui laissait pas le choix et qu’elle héritait cette situation du mandat précédent.

Retour à la normale

Mais impossible n’est apparemment pas loireauxençois. Lundi, dans un courriel adressé à l’ensemble des agents et élus de la commune, la maire annonçait qu’une solution avait été trouvée : après avoir contacté le prestataire responsable de la maintenance de sa messagerie interne, l’accès aux boîtes mail municipales a été restreint. « Contrairement à ce qui m’avait été indiqué initialement, le prestataire m’a confirmé qu’il était possible de scinder les droits entre l’ensemble du système et ceux des messageries », explique Christine Blanchet à Mediacités.

Dont acte. Concrètement, et conformément à la loi - comme à ce qu’il se pratique dans la plupart des communes utilisant un système équivalent - seul le prestataire extérieur possède désormais les droits d’accès aux boîtes mails. « Par conséquent, à ce jour, plus aucun agent ou élu de Loireauxence n’a accès au contenu des boîtes mail », écrit la maire de Loireauxence dans son message aux élus et agents. Bref, l’histoire se finit bien. Et, à Mediacités, on adore les histoires qui finissent bien. Elles ne sont finalement pas si courantes.

B.P. et A.T.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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