Calais, Lens et Denain font de la résistance au RN

Natacha Bouchart, maire de Calais, en meeting de campagne à l'élection municipale

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Par Yves Adaken

Le Rassemblement national avait fait de ces trois villes du Pas-de-Calais des objectifs majeurs. Mais les candidats envoyés au front n’iront même pas au second tour, battus par les maires sortants Sylvain Robert, Natacha Bouchart et Anne-Lise Dufour Tonini.

Le bassin minier a envoyé dix députés RN sur douze à l’Assemblée nationale. Une déferlante qui a incité le mouvement présidé par Jordan Bardella a essayer de décrocher une ville symbole dans le Pas-de-Calais.Mais elles ont toutes résisté à la pression frontiste.

Natacha Bouchart trop forte pour Marc de Fleurian

Fort de ses 48,5 % obtenus à Calais intra‐muros au premier tour de l’élection législative de juin 2024, le député RN Marc de Fleurian pensait bien pouvoir conquérir le beffroi de la ville des six bourgeois. Or Natacha Bouchart ne lui a laissé aucune chance. La maire sortante divers droite l’emporte largement avec 60,08 % des voix contre 27,4 % pour son adversaire lepéniste. Celle qui va effectuer un quatrième mandat consécutif s’est dit « soulagée » au micro de France 3 mais surtout « exaltée et émue par ce score qui (la) plébiscite. »

Natacha Bouchart, maire de Calais, en meeting de campagne à l’élection municipale. Photo : Facebook Natacha Bouchart

Marc de Fleurian pourra regretter une campagne sans doute trop axée sur les migrants dans une ville qui, depuis 20 ans, s’est habituée à vivre avec les exilés. Il s’interrogera peut‐être aussi sur le temps perdu à essayer de monter des listes pour les élections municipales à Audruicq, Coulogne, Ardres et Marck, au lieu de se concentrer sur Calais. Largement distancées, aucune de ces listes n’a la moindre chance de l’emporter. Mais au moins Marc de Fleurian sera‐t‐il au conseil municipal. Ce ne sera plus le cas des anciens élus présents sur la liste LFI menée par Jean‐Philippe Lannoye ou sur la liste PC‐PS emmenée par Marion Lavigne. Toutes les deux ont nettement échoué à passer le seuil fatiidique des 10 %.

Sylvain Robert écarte la menace RN à Lens en faisant l’union

Lens et ses quelque 33 000 habitants faisaient aussi partie des objectifs affichés par le Rassemblement national. Mais son candidat Bruno Calvet n’a pu faire mieux que 46,49 % dans un quasi duel avec le maire sortant PS, Sylvain Robert, vainqueur sur le fil avec 50,72 % des voix. Celui‐ci a su faire l’union autour de lui avec Place Publique, le parti communiste et les Ecologistes. A noter aussi que LFI avait aussi choisi de ne pas présenter de candidat face à lui, souligne Libération. Résultat, ce fief socialiste depuis l’après guerre demeure dans le giron du PS pour six années de plus et Sylvain Robert rempile pour un troisième mandat consécutif.

Denain, toujours hors de portée du Rassemblement national

La victoire au premier tour d’Anne‐Lise Doufour‐Tonini avait été une surprise en 2020. Cette fois, c’est une confirmation. La maire sortante de Denain l’emporte largement au 1er tour avec 62,4 % des voix, reléguant un poids lourd du RN,  le sénateur Joshua Hochart, à 24,7 %. La liste menée par Youssouf Fedal sur laquelle figure Soufiane Iquioussen, fils de l’imam Hassan Iquioussen expulsé au Maroc pour, notamment, des propos antisémites,  obtient 10,7 % des voix. Elle comptera donc des représentants au conseil municipal. Pas sûr que cette présence ne relance pas à leur encontre des accusations d’entrisme islamiste, pourtant peu étayées jusqu’ici.

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