Le changement, c’est par le bas !

Mois après mois, années après années, les crises économiques, sociales, environnementales et sanitaires se répètent inlassablement. Autant de cataclysmes qui s’ajoutent à l’aggravation du réchauffement climatique et de la pollution, à la perte de biodiversité, à des villes devenant invivables sous l’effet de l’augmentation des prix de l’immobilier, des canicules à répétition ou du creusement des inégalités sociales. Que peut encore le politique – national comme local – dans ce contexte menaçant ? Bien plus de choses qu’on ne l’imagine, en réalité !

Soucieux de ne pas céder au fatalisme ambiant, certains responsables d’ONG, militants de la transition, entrepreneurs, syndicalistes ou acteurs associatifs se questionnent sur leurs stratégies. Fini les manifestations ponctuelles, les débats d’experts et les appels incantatoires ! Ils sont de plus en plus nombreux à changer de focale et s’organiser pour trouver des réponses locales à ces crises globales. Ils expérimentent des alternatives et luttent au quotidien, en lien avec les institutions voire parfois contre elles, dans l’idée de résoudre les difficultés concrètes d’une partie de nos concitoyens. Objectif : transformer nos villes et la société, changer le monde « par le bas. »

« Les élus ne devraient pas craindre de générer des contre-pouvoirs »

[GRANDS ENTRETIENS 7/7] Investi sur le terrain associatif, culturel et politique, Salah Amokrane se démène depuis plus de trente ans pour faire entendre la voix des habitants des quartiers populaires. Tête pensante du groupe Zebda et ancienne tête de liste des Motivés à Toulouse, cet agitateur du débat public veut repolitiser les questions d’inégalités sociales et d’immigration.

Terres agricoles : « La volonté politique n’est pas assez forte pour stopper la frénésie...

[GRANDS ENTRETIENS 6/7] L'alimentation et l'agriculture s'installent dans les préoccupations des grandes métropoles. Pour Benjamin Duriez, délégué général de l'association Terre de liens, les collectivités locales disposent de réelles marges de manœuvre pour préserver les terres agricoles et favoriser les circuits-courts, face à une artificialisation toujours galopante.

« L’économie a toujours évolué plus vite que la politique »

[GRAND ENTRETIEN 5/7] L’économie est une matière vivante, mais aussi profondément politique. Fondateur de la marque de jeans français « 1083 », Thomas Huriez en est l'incarnation. Depuis les manettes de son entreprise ou à travers sa récente candidature aux municipales, il tente de faire muter le système économique dominant afin de répondre au mieux aux urgences sociales et environnementales.

« Les municipalistes disposent désormais d’une vraie force d’expérimentation locale »

[GRAND ENTRETIEN 4/7] L’émergence de plus de 400 « listes citoyennes » et la conquête de 66 mairies dont plusieurs villes moyennes ravit les municipalistes, qui espèrent refonder la politique « par le bas. » Un objectif réaliste, estime la spécialiste de ce mouvement, Elisabeth Dau, s’ils parviennent à se connecter à d’autres organisations de la société civile.

« Une politique pour le climat ne peut pas se limiter aux pistes cyclables...

[GRANDS ENTRETIENS 3/7] Et si les communes montraient la voie ? En charge des « territoires » au sein du Réseau Action Climat, Zoé Lavocat assure que les collectivités disposent de leviers stratégiques pour accélérer la transition écologique. Encore faut-il que les élus fassent preuve de volonté politique et que l’Etat joue le jeu…

« On ne gagnera jamais la bataille du logement sans travailler à l’échelle locale »

[GRANDS ENTRETIENS 2/7] Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, le logement demeure un des leviers majeurs pour combattre l’exclusion et les inégalités. A la condition de s’appuyer davantage sur les acteurs locaux - politiques et associatifs - ainsi que l’expertise d’usage des habitants.

«La société civile doit s’organiser pour peser sur l’agenda municipal»

[GRANDS ENTRETIENS 1/7] Si les élections n’ont pas débouché sur le renouveau qu’ils espéraient, les citoyens en quête d’une autre démocratie municipale n’ont pas tout perdu. Entre engagement politique, associatif ou syndical, le politiste Guillaume Gourgues identifie quelques « lueurs d’espoirs » qui témoignent selon lui d’une « repolitisation » de la vie locale.
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