Les responsables politiques sont de plus en plus nombreux à alerter sur la « crise démocratique » qui couverait en France. Pourtant, de Toulouse à Nantes en passant par Amiens, Chambéry, Castanet-Tolosan, Rezé ou Villeneuve d’Ascq, les dernières municipales ont certes été marquées par des records d’abstention, mais aussi l’ouverture du jeu politique à de nouveaux citoyens.

Critiques du fonctionnement et surtout des dysfonctionnements de notre démocratie, ces citoyens misent sur le local pour transformer la société. Plus de 400 collectifs ont présenté des listes pour faire des collectivités des « incubateurs » du monde de demain. Elisabeth Dau, qui les a épaulé lors des élections municipales écoulées, compte leur apporter un appui théorique pour continuer à ouvrir le champ des possibles. Objectif : redonner un peu de pouvoir aux habitants, et tenter de ré-enchanter la vie publique locale, la vie publique tout court.

Les 408 « listes participatives et citoyennes » que vous avez recensées – parmi lesquelles l’Archipel citoyen à Toulouse ou Nantes en commun – partageaient-elles un même tronc commun ?

Élisabeth Dau : Tout comme la protection de l’environnement a vite été concurrencé par le « greenwashing », certains candidats et partis politiques ont usé et abusé du qualificatif « liste citoyenne » lors de ces élections. Ce qui différenciait les listes véritablement « municipalistes » de tous ces ersatz mûs par une logique purement marketing, c’était la mise en cohérence entre leurs discours sur le renouveau démocratique et la pratique.    

 

Justement, ces listes n’ont-elles pas passé trop de temps sur les enjeux techniques de gouvernance – des problématiques assez éloignées des principales attentes des électeurs…

Ces questions méthodologiques, comme le tirage au sort ou l'amélioration des processus de décision collective, peuvent sembler assez éloignées des préoccupations des habitants des quartiers populaires ou des villages périurbains mais elles sont pourtant fondamentales ! Y réfléchir en amont du scrutin permet de partir des besoins et des réalités des gens ordinaires et donc de faciliter, par la suite, la transition écologique comme sociale. Mais la porte d’entrée du municipalisme est, il est vrai, différente dans d'autres pays. En Espagne par exemple, ils se focalisent davantage sur les débats programmatiques et la transformation des politiques publiques.

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